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.:  Les tests
Beijing 2008 [PS3]
Vignette Rédigé par
le 27 juin 2008

Catégorie : Sport
Plateforme : PS3
Editeur : Sega
Développeur : Eurocom Entertainment Software
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C’est le 8 août prochain que les 29ème Jeux Olympiques débuteront à Pékin, en Chine. Terre lointaine et méconnue de nous autres, Européens. Terre d’amour et de liberté qui symbolise à merveille les valeurs de l’Olympisme, comme de Coubertin les aimait. D’ailleurs la question est sur toutes les lèvres : y’aura-t-il un lâché de Tibétains accrochés à des feux d’artifice pour la cérémonie d’ouverture ? Les soldats chinois gagneront-ils les médailles d’or du tir au fusil à 10 mètres ? Et surtout, avec le retard pris, les installations seront-elles vraiment finies à temps ? Voire combien les Chinois ont filé en dessous de table pour obtenir l’organisation des J.O. ? Fi ! Nous sommes dans un jeu vidéo ! Ces considérations n’ont pas lieu d’être ! Laissons parler la beauté du sport ! Car le sport est beau ! Hein ? Non, cachez cette seringue que je ne saurais voir… En plus j’ai déjà pris ma dose d’EPO ce matin. Bon. On rassure de suite les allergiques au sport : en raison du décalage horaire, la couverture médiatique des JO devrait être moindre cette année. Voir les épreuves en direct demanderait de vivre la nuit et, ma foi, les suivre en différé n’a pas forcément d’intérêt ou alors seulement pour certaines épreuves reines comme le 100 mètres. Et encore. Un résumé sur une chaine d’info devrait suffire…
 
Au milieu de toute cette agitation politico-économico-médiatique, Sega y va de son petit jeu officiel. Beijing 2008. La silhouette blanche sur fond rouge. Les cinq anneaux entrelacés. Tout est là. On est loin des polémiques. On est loin de Pékin. D’ailleurs, dans le jeu, s’il n’était une douce musique asiatique mêlée à un rythme plus dance, dont le résultat, étrange à la première écoute, n’est pas spécialement dérangeant, rien ne vient véritablement rappeler que nous sommes en Chine. Pas même un Fuwa géant qui vient se trémousser devant le vainqueur. Pour rappel, hein, Fuwa, c’est la mascotte de ces jeux. Bref, Sega a opté pour la sobriété et l’impersonnalité. D’un autre côté, ce n’est finalement pas si mal. C’est surtout l’occasion de se concentrer sur le sport et seulement sur le sport.
 
   
   
 
Donc parlons sport. 36 disciplines composent le jeu. On énumère ? Mmmh ? Allez, on énumère… 100m, 200m, 400m, 800m, 1500m, 110m haies, 100m haies, saut en hauteur, saut à la perche, saut en longueur, triple saut, lancer du poids, lancer de disque, lancer de marteau, lancer de javelot, 50m nage libre, 100m dos, 100m papillon, 100m brasse, plongeon tremplin 3m, plongeon tremplin 10m, barres parallèles, saut (gym), anneaux, exercices au sol, poutre, barres asymétriques, fusil skeet, 10m pistolet à air comprimé, 25m tir vitesse, arc, haltérophilie (+105kg), cyclisme (poursuite par équipe), canoë-kayak (K1), Judo (81 à 90kg), tennis de table… ouf…
 
Vous avez plusieurs options disponibles. La première consiste à vous entraîner. Et vous en aurez sans doute besoin. Un peu. Pour certaines épreuves. Avant de vous lancer, mieux vaut en taquiner certaines. Parce que toutes regorgent de subtilités… Ensuite, vous pourrez choisir une compétition. Cela consiste à choisir seulement certaines épreuves. Celles que vous voulez. Autant que vous voulez. Ou alors décider de faire un Décathlon, un Heptathlon, laisser la console en choisir 5 au hasard, ou 10, ou 20, voire faire toutes les épreuves féminines ou toutes les épreuves masculines. Ou carrément toutes les épreuves. Car en effet, certaines épreuves sont réservées aux femmes, d’autres aux hommes. La gym, par exemple, est quasiment exclusivement féminine. Vous pourrez enfin décider de vous lancer dans les JO. Toutes les épreuves, organisées sous forme de journées, défileront alors, en commençant par les qualifications. Votre objectif sera de vous qualifier pour au moins une par jour, avant de, pour finir, tenter de remporter une médaille.
 
   
   
 
Parlons maintenant jouabilité. Beijing 2008 est un de ces gros jeux de bourrins qui va vous péter des manettes. Déjà nous ne saurions trop vous conseiller d’investir dans une manette d’arcade, plus solide et plus apte à recevoir vos coups. Mais soyez rassuré. Il s’agit là d’un simple confort. Une manette classique fera toutefois bien l’affaire. Enfin nous on s’est débrouillé avec et ça a été parfaitement. Bref. Certaines épreuves, comme le 100m, le 200, le 400 ou je ne sais quoi encore, type nage 50m, vous demanderont de bourriner comme des malades le bouton O et X alternativement le plus rapidement possible. Comme ces bonnes vieilles bornes d’arcade. Dans ce cas, vous avez deux méthodes. La méthode Pete qui consiste à tout faire avec le doigt. Quitte à ce qu’il pisse le sang au bout de trois ou quatre épreuves. Ou la méthode briquet. Voire stylo. Prenez un briquet. Ou un stylo, donc. Et frotter les touches alternativement, le plus rapidement possible. Avant cela, il faudra jouer de la gâchette. Une jauge de départ, avec une bande rouge, apparaît à l’écran. Avec la gâchette, appuyez plus ou moins fort, plus ou moins longtemps, pour remplir la jauge. Si elle tombe dans le rouge, c’est le faux départ… Par contre, si le coup de feu retentit pour signaler le départ, appuyez à fond pour, justement, dépasser dans le rouge. Bon. Cette méthode est très discutable car à moins d’un entraînement régulier, voire d’un timing quasiment impossible à obtenir, vous partirez très régulièrement après les autres. Genre parfois 1 ou 2 secondes après les autres… Rattrapable sur 800m, cela vous donne un handicap insurmontable sur 100m.
 
Outre le bourrinage de deux touches, il faudra parfois appuyer sur la gâchette plus ou moins longtemps pour les lancer, par exemple, histoire de relâcher selon le bon angle de lancer (45° étant l’idéal). Ou encore appuyer au bon moment lorsque la flèche tombe sur la zone de réussite, pour le saut à la perche. D’autres épreuves vous demanderont de tourner les sticks rapidement (lancer de disque), ou encore d’appuyer sur les boutons avec le bon timing (gym au sol, poutre…). Et j’en passe et j’en oublie. Au final, Beijing 2008 offre une diversité appréciable en ce qui concerne la jouabilité. En alternant avec soin les épreuves, vous n’aurez que très rarement l’impression de refaire toujours la même chose.
 
Bien entendu, toutes les épreuves ne sont pas réussies. Certaines sont même plutôt nazes. Le disque, par exemple. Ou le tremplin. Question jouabilité, c’est limite. Et puis d’autres sont inintéressantes et chiantes à jouer. Mais c’est aussi (surtout ?) une question de goût. Skeet, Kayak, tennis de table, judo… Alors que, a contrario, certaines se révèlent vraiment sympa. Barres asymétriques, poutre, saut à la perche, saut en hauteur, tir à 10 ou 25m…
 
   
   
 
La manette PS3 s’en sort plutôt bien, question jouabilité. Le fait que le socle où se trouvent les boutons soit plat aide beaucoup. La mollesse des gâchettes et des sticks joue, pour une fois, en sa faveur en offrant une précision acceptable. Bref, on appréciera d’autant plus cette version. Cela ne veut pas dire pour autant que vous péterez tous les records en un clin d’œil. Bien au contraire. Le jeu est dur. Très dur. Vraiment très dur. Il faudra du temps, de la sueur, de la persévérance, pour espérer battre ne serait-ce qu’un record des JO. Pas même un record du monde. Et pour certaines épreuves, finir premier relève des travaux d’Hercule. Vraiment.
 
Graphiquement, le jeu est plutôt joli. Ça manque un poil d’ambiance, peut-être, mais globalement, c’est sympa. Les animations sont, par contre, insuffisantes. Les personnages sont très raides, à tel point qu’on se demande s’ils n’ont pas un balai dans le… euh… dans… euh… enfin vous comprenez, quoi…
 
   
   
 
Et pourtant, on s’en cogne. Car l’intérêt du jeu n’est pas là. Tout comme si vous n’avez pas d’ami, nous ne saurions trop vous conseiller d’oublier ce jeu. Soyons honnête : tout seul, il est chiant. Simplement parce que l’on se réfère aux temps et performances des joueurs gérés par la console et que le challenge est pénible, pour ne pas dire démoralisant sur certaines épreuves. Non, à jouer en solo, Beijing 2008 est un jeu moyen. Sans grand éclat. Et auquel on ne reviendra pas souvent. Mais d’un autre côté, ce n’est pas non plus le but du jeu, d’être destiné à une seule personne. Ajoutez un, deux ou trois athlètes du dimanche, et le jeu prend toute sa saveur. Tout son sel. Un peu comme un plat fade qui tout à coup serait relevé à grand renfort d’épices et deviendrait un chef d’œuvre digne d’un grand restaurant. Beijing 2008 est un jeu à jouer entre potes. Exclusivement. Et dès lors, il devient un hit incontournable. On se cherche, on s’invective, on s’humilie, on se venge… Même terminer 5ème au 100m n’a plus aucune importance, tant que l’on est devant ses potes. Et on se charrie parce qu’on a fait 53cm de plus au lancer de javelot. Ou parce que votre pote vient de marcher sur la planche au saut en longueur. L’ambiance est là. Le fun est là. A 4 sur une console ou à 8 en multi online. Le support, finalement, importe moins. Les épreuves sont jouables, sympathiques à jouer, donc on s’éclate comme des fous. La bonne preuve : même Pete, aussi passionné par les jeux de sport que moi par les jeux de Sudoku, s’est prêté au jeu. Et on a enquillé les parties sans voir l’heure. Du tout bon, on vous dit !
 
   
   
   
Note graphisme :
note : 5 /10
Sans être moche, parce que les décors sont tout de même assez réussis, Beijing 2008 souffre d'une animation relativement foireuse. Les athlètes sont trop raides, ce qui est particulièrement visible dans les épreuves d'athlétisme.
Note intérêt :
note : 8 /10
Enlevez 3 étoiles et demi à cette note si vous voulez jouer seul. Mais tout l'intérêt de Beijing 2008 réside dans le challenge qu'il offre quand on joue entre potes. Tout est là. Et avec 36 épreuves, il y a de quoi s'en donner à cœur joie.
Note jouabilité :
note : 6 /10
A mon avis, le coup des départs à la gâchette est une erreur. Pas insurmontable, mais plutôt pénible. Reste que, globalement, à part deux ou trois épreuves, toutes restes simples, faciles et fun à jouer.
Note finale :
note : 8 /10
Quoi ? Une telle note pour un jeu qui, somme toute, est techniquement loin d'être parfait ? Ben oui. Parce que pour une fois, toutes ces considérations techniques volent en éclat avec le plaisir de jouer. A plusieurs. Uniquement à plusieurs. Beijing 2008 est le jeu typique à sortir entre potes, pour se faire des parties endiablées. Fun, prenant, il réussit à nous faire oublier le reste. Le flacon importe peu, il y a véritablement l'ivresse.
 
Avis des INpactiens :
Aucune note