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Condemned 2 : Bloodshot [XBox 360]
Vignette Rédigé par
le 03 avril 2008

Catégorie : FPS
Plateforme : Xbox 360
Editeur : Sega
Développeur : Monolith Productions
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Nous sommes quelques années après le premier Condemned. Pour rappel, Condemned était à l’époque LE jeu de lancement de la console Xbox 360, et surtout, c’était LE jeu à travers lequel une nouvelle « ligne éditoriale » bien glauque allait naître chez Monolith, le développeur des No One Lives Forever et autres TRON 2.0 précédents. Nous sommes donc en 2008. Trois années se sont écoulées. Condemned est sorti. Qu’est devenu l’enquêteur Ethan Thomas ?

Épave Thomas
Nous sommes 11 mois et quelques semaines après que Ethan Thomas a été lavé de tout soupçon des affaires d’homicides sur lesquelles il a enquêté pendant le premier épisode de Condemned. Notre homme a démissionné. Il est devenu alcool. Clodo. Brutal et bagarreur. Il est l’ombre de lui même, sachant que le lui-même qu’on avait connu n’était déjà pas d’une très grande gloire. Notre homme est dans son trou. Au fond de son tonneau dont il vient de siffler le contenu. Notre homme a l’esprit malade. Malade de ne pas avoir su arrêter l’auteur de crimes abominables qui recommenceront un jour ou l’autre à se reproduire, contrairement à tout ce que la population, les autorités et les médias d’une citée gangrenée peuvent penser.

Ethan Thomas est seul dans sa certitude, et bien sûr, sa certitude le rattrapera. Alors qu’Ethan Thomas est une fois de plus en train de courir derrière une bouteille, un nouveau crime, trop similaire à ceux qu’il a connus, est commis quelque part dans cette ville lépreuse. Les services de sécurité de la ville font alors appel de nouveau à Ethan. Le joueur va devoir enfiler de nouveau l’uniforme d’un détective qui n’en est plus vraiment un.

La première chose qui saute à la vue, c’est que notre homme a non seulement gravement changé de comportement, mais aussi qu’il a changé de physique. Certes, n’importe qui devenant un clodo en puissance verrait son physique bouleversé, mais pur le coup, on se dit que cette déchéance a des airs de cure de jouvence. Ethan a maintenant des cheveux hirsutes, les yeux qui puent l’alcool, et le teint jaune-pâle d’un foi qui fonctionne lorsqu’il a le temps… Mais les aspects de la déchéance s’arrêtent là. Notre homme a pris du muscle… Beaucoup de muscle… Ce n’est plus l’inspecteur-enquêteur un peu rondouillard du premier Condemned… Et surtout, sous sa barbe mal entretenue, Ethan Thomas a rajeuni comme personne. Comme quoi, non seulement l’alcool ça conserve, mais en plus, ça rajeunit.



De Brutal à Violent
La couleur est très vite établie. Si dans le premier Condemned, Ethan Thomas était un enquêteur « pur-jus » pas du tout vedette pour un sous, à l’opposé total des flics-vedettes d’une série comme les experts, aujourd’hui, nous avons affaire à une éponge à alcool. Alors que toute l’Europe ne jure qu’à travers sa lutte contre les fumeurs et les abus d’alcool, on est, ici, plutôt invité à lever le coude… il paraît que ça aide dans les bagarres, et que les coups en sont plus violents… Heureusement qu notre homme est non-fumeur, sinon, ça ferait carrément suspect !

Si le premier Condemned était considéré comme brutal, ce second volet s’annonce comme étant l’un des jeux les plus violents du moment. Ici, la progression ne se fait pas vraiment à travers les éléments d’une enquête sordide, mais plutôt se fait à coups de poing et pieds bien velus (les coups, pas les poings et les pieds). Certes, le premier Condemned faisait la part belle à la mandale en série à coups de tuyaux et à coups de planche, mais c’était plus par « nécessité ». En effet, les balles étant comptées, et notre homme n’étant qu’un simple enquêteur, il fallait savoir improviser des armes avec ce qu’on trouvait sous la main, histoire de faire taire les rustres et les malpolis.

Là, c’est très différent, notre Ethan Thomas a profondément changé, et il est devenu une véritable machine de combat urbain. Cette fois-ci, le paddle devient, à l’instar de ce qu’on a pu voir sur des jeux comme « le Parrain », une véritable interface de bagarre. Les gâchettes droites et gauches commandent les poings droits et gauches, et on peut même balancer de coups de pieds bas, histoire de faire comprendre qu’un coup dans le tibia, ou mieux, dans le genou, c’est toujours rigolo pour rappeler les bons principes du transfert des informations lancées d’un endroit du corps vers le cerveau.

Pour le reste, il ne faut pas oublier que Ethan Thomas est un enquêteur. Il retrouve donc sa lampe UV, son GPS, son spectromètre de masse et son appareil photo ! Et c’est sans compter son ordinateur portable avec lequel il arrive à obtenir une assistance de la part de son ex-collègue, Rosa. Reste qu’il faut savoir bien établir les faits à partir des indices collectées. Rosa pose souvent des questions à propos de ce que peut tirer le joueur des indices recueillis sur le terrain. A chaque succès, Ethan augmentera ses chances d’obtenir de nouvelles compétences et plus de puissances dans certaines de ses capacités offensives, entre chaque niveau… Bref, il ne faut pas négliger ses enquêtes.


Fight Club
En fait, toute la dynamique du jeu tient dans l’art de la baston. Ethan Thomas se retrouve plongé dans le chaos d’une ville plongée dans une émeute comme seules les mégalopoles nord-américaines sont capables de générer. Il faut donc se frayer un chemin à travers les émeutiers. Certes, il y a moyen de « contourner la difficulté » en laissant les querelleurs entre eux, mais ceci ne peut pas éviter, de toute façon, un certain nombre de confrontations.

Là, Monolith a créé un genre à part entière. Le développeur a repris un genre qu’il maîtrise plutôt correctement, à savoir le jeu de tir à la première personne (FPS) pour y glisser des éléments de gameplay typiquement issus des jeux de bastons sur console, du genre KOF, Street Fighter ou Mortal Combat… On a même droit à des Fatality ! Le joueur ne se contente plus de balancer des coups de lattes à droite à gauche dans des mouvements désespérés, mais il doit bel et bien aligner des combos plus ou moins parfaits pour se défaire le plus rapidement possible de ses ennemis.

Évidemment, les armes à distances ne sont pas non plus oubliées. Mais comme pour le premier épisode de Condemned, les munitions sont toujours assez difficilement trouvables, ce qui rend l’usage des armes à feu plutôt rare. Mais la différence principale entre les deux volets de cette série, c’est que nous avons affaire ici à une approche très violente du combat. Si le premier volet avait laissé penser, dans sa logique, que nous laissons plus de gens inconscients derrière nous que de cadavres, ici, plus de doute n’est possible. Les occasions d’achever ses ennemis en leur pétant la nuque, ou en les empalant sur des pieux d’acier, sont légion. Le combat est « Dog and Dirty ». La grâce présidentielle n’est pas au menu du jour.