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Actualités relatives à ce jeu
Lors de sa sortie, Dark Messiah of Might & Magic avait enchanté la rédac’. Un FPS dans un monde fantasy où l’on tranche du monstre à coups d’épées et où l’on manipule la magie comme s’il s’agissait d’un jeu d’enfant, voilà qui nous avait ravi. D’autant plus que, même imparfait, le jeu regorgeait de bien bonnes idées, souvent originales, et d’une réalisation plutôt honnête malgré la nécessité d’avoir une bécane bien couillue pour le faire tourner. Nous étions en novembre 2006. Presque un an et demi après, Dark Messiah of Might & Magic Elements sort sur Xbox 360. Il s’agit ni plus ni moins d’une adaptation. Enfin, un petit peu moins, tout de même, comme nous le verrons ultérieurement.
Il y a un siècle, Sar-Elam le Sorcier, en compagnie de ses confrères, a réussi à repousser les hordes démoniaques qui déferlaient sur les terres d’Ashan. Malheureusement, le rituel qui visait à confiner les démons dans leur monde fut imparfait. Et la menace de leur retour se fait de plus en plus inquiétante. Une prophétie annonce qu’un être, mi-homme mi démon, décidera du sort du monde… Vous êtes Sareth. Oui, non, je sais, vous ne vous appelez pas vraiment Sareth en vrai, c’est bon, pas la peine de jouer les vierges effarouchées et de me brandir votre carte d’identité sur laquelle, d’ailleurs, vous avez une tête de gland (on a toujours une tête de gland, sur les papiers d’identité, vous n’avez jamais remarqué ?). Mais dans le jeu, vous vous appelez Sareth, et c’est comme ça. Vous êtes l’apprenti de Phenrig. Celui-ci vous envoie en mission à Heaumeroc pour aller porter un artefact au puissant magicien Menelag. Pour vous aider dans votre quête, il fusionne votre esprit avec celui de Xana, une entité protectrice. Mais alors que vous arrivez à Heaumeroc, après deux semaines d’un voyage pénible et ennuyeux, les hordes démoniaques menées par les Nécromanciens assiègent la ville. Bien entendu, c’est vous qui allez devoir les repousser. Pour ensuite profiter de l’hospitalité de Menelag… et surtout de sa fille, dont les plus cochons apercevront un morceau de dentelle de sa petite culotte dépasser de ses vêtements. Si, si. Mais alors qu’après un bon dîner, vous vous reposez de vos péripéties, un serviteur vous annonce que le manoir est attaqué de nouveau par les Nécromanciens… Argllll…
Dark Messiah of Might & Magic Elements est un FPS façon fantasy. Un FPA, il parait que cela s’appelle. Un First-Person-Action. Vous voyez par les yeux du personnage et vous allez latter les ennemis à grands renforts d’épée, de bâton ou de dagues. Sans compter les armes à distance tels l’arc ou les sorts magiques. Car dans DMoME, votre personnage est, au choix, assassin, archer, magicien ou guerrier. Entre nous, nous ne saurions trop vous conseiller d’incarner un guerrier ou un mage. L’assassin, dont la discrétion est la première vertu, aura du mal à en faire preuve dans un jeu qui, somme toute, est franchement bourrin. L’archer, à la rigueur, pourra être efficace… à condition de ne pas choisir une difficulté trop élevée (trois disponibles). Ses dagues ne sont en effet pas aussi efficaces qu’une épée. Et le problème, c’est que même si vous en ramassez, des épées, vous ne pourrez pas les utiliser si vous n’êtes pas guerrier. C’est un peu ballot… Autrement, on trouve à l’écran une barre de santé, de mana et éventuellement d’endurance (elle apparaît durant les combats et les sprints). Dans l’inventaire, vous pourrez vous servir des objets (potions) ramassés ou choisir vos armes et sorts. Vous pourrez en sélectionner 4 en raccourcis rapides (utilisables avec la croix directionnelle). Enfin, vous vous déplacez avec le stick gauche, regardez avec le droit, tirez ou frappez avec la gâchette droite, parez avec la gauche, vous accroupissez avec le bouton LB, et sautez avec le bouton Y. Ce même bouton Y vous permettra d’agripper cordes et échelles, tandis que la bouton A sert à valider les actions (prendre, ouvrir, tirer…).
Reste que le jeu a été amputé sérieusement par rapport à la version PC. Ici, aucune gestion de personnage n’est possible. Vous changerez de niveau et recevrez vos nouvelles aptitudes et sorts automatiquement. De même, la collecte d’objets ou d’armes devient totalement inutile et superflue.Reste à dire que le jeu reste le même d’un point de vue intrigue et agencement des niveaux. Même linéarité un peu barbante à la longue. Même possibilité de se servir du décor aussi, d’ailleurs. On shoote des piliers pour faire tomber caisses et tonneaux sur les gardes, on les pousse sur des grilles acérées… Petit bémol tout de même… Quand on peut péter un pilier de bois avec une seule flèche, on se demande comme il se fait que les nombreux tonneaux et caisses qui étaient posés sur la plateforme que le pilier soutenait n’ont pas suffi à le faire plier… mais bon…
Bon. Soyons honnêtes. Et justes. Dark Messiah of Might & Magic Elements est ce que l’on peut qualifier de jeu bâclé. Moche. Moche et bâclé. Le moteur Source accuse les ans et ne semble avoir bénéficié d’aucun lifting sur ce jeu. Résultat, les textures sont moches. Les personnages sont moches. Les décors sont moches. Les effets lumineux sont moches. Le moteur Havok semble de son côté encore plus poussif : les corps s’affaissent comme de simples baudruches, sans aucun réalisme dans le comportement des membres. Et les bugs… mazette… des bugs à foison. Même dans certaines cinématiques, comble du ridicule, les personnages ne semblent avoir strictement aucune gestion des collisions. Sans parler de tous ces petits détails qui, pris un par un ne sont pas spécialement gênants mais qui, à force de s’accumuler, vrillent les nerfs… Comme ces portes que vous fermez et qui comme par hasard se retrouvent ouvertes après un temps de chargement. Comme ces paniers remplis de patates que vous prenez à pleines mains pour les jeter et qui, une fois en mains, se retrouvent… vides… Parce que la texture patates n’a semble-t-il pas suivi le mouvement… sans compter les fenêtres d’info qui apparaissent et qui se bloquent pendant de longues minutes au lieu de disparaître au bout de quelques secondes (il faut attendre qu’une autre la remplace)… et bien d’autres bugs encore.L’IA est globalement identique à celle d’une huître déshydratée. Des ennemis qui passent devant vous sans vous voir, parce qu’un script leur a dit d’aller à tel endroit, et qu’ils s’exécutent avant de changer d’attitude et de vous attaquer. Comme ces mêmes ennemis qui se bloquent comme des cons devant une porte, incapables de l’ouvrir… parce que ce n’était pas dans le script… Comme ces corbeaux sur lesquels vous marchez sans qu’ils ne bougent…
On parcourt donc le jeu d’un œil morne. Sans passion ni réel plaisir. Comme dans un de ces vieux jeux que l’on a payé 10 € parce que la boutique faisait le ménage dans ses stocks. Tout en sachant que ouais, ben, on l’a payé 10 €, quoi, fallait pas non plus s’attendre à grand-chose. Oui, sauf que là, Dark Messiah of Might & Magic Elements coûte nettement plus que 10 €… et quant à savoir s’il vaut plus, je ne parierais pas dessus… Déçu que cette version 360 qui arrive si tard n’ait finalement que si peu de choses à proposer. Le mode multijoueur est également moins impressionnant : des cartes plus petites et seulement 10 joueurs maximum. On y retrouve les modes deathmatch en solo ou par équipe, capture de drapeau et Croisade (deux équipes tentent de contrôler des points sur la carte)… De quoi vous en secouer une sans bouger l’autre, finalement. De quoi aussi se dire que oui, le mod téléchargeable pour près de 5€ (400 points Microsoft) sur le MarketPlace et qui propose des cartes et armes supplémentaires est une belle enfilade. Vu leur jeu, les développeurs auraient pu avoir la décence de l’offrir.Pour finir, Dark Messiah of Might & Magic Elements est une déception, à la hauteur du plaisir que nous avions eu pour la version PC. Je veux dire, les développeurs ont eu plus d’un an pour adapter leur jeu et ils nous pondent cette merde. Ça fout carrément les boules, ça. Bâclé, buggé à mort, dépouillé d’options… Il n’y a finalement absolument aucun intérêt à investir dans ce jeu.
Note graphisme :

Le moteur Source accuse le coup. Résultat, des personnages moches, des textures hideuses, des décors qui font mal aux yeux... Et le moteur Havok qui gère la physique est également à la peine.
Note intérêt :

Honnêtement, doté d'un univers intéressant et original, et surtout adapté d'un jeu vraiment sympa sur PC, ce Dark Messiah avait tout pour lui. Vu sa réalisation, il n'a finalement plus grand intérêt...
Note jouabilité :

Pas spécialement difficile à jouer. Les touches sont simples, les actions sont toujours indiquées à l'écran, donc pas de quoi s'affoler de ce côté-là.
Note finale :

Dégoutté. Adaptation d'un excellent jeu PC... oui, mais adaptation bâclée. Ce Dark Messiah est amputé d'une partie de ses options et se permet le luxe d'être bien buggé et moche. Ils ont eu plus d'un an pour nous livrer ce jeu et nous pondent cette daube ? Il y a des mandales qui se perdent.
Avis des INpactiens :
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