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.:  Les tests
Turok [Xbox 360]
Vignette Rédigé par
le 05 février 2008

Catégorie : FPS
Plateforme : Xbox 360
Editeur : Buena Vista Games
Développeur : Propaganda Games
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Custer, c’est dépassé. Bon, ok, question éradication massive, le bonhomme avait du répondant. Et vas-y que je te zigouille toute une tribu d’indiens, hommes, femmes, enfants, à coups de canons, et histoire de déconner, je pisse dans leurs réserves de pemmican séché parce que, euh… parce que c’est drôle. Bon, ça a son style. Par contre, la méthode réserve, à les parquer et à attendre qu’ils disparaissent eux-mêmes, voire en accélérant l’affaire à coups de boutanche pour alcooliser toute cette masse, c’est naze. Même si on en embauche quelques-uns sur les chantiers pour travailler en hauteur (les indiens n’ont pas le vertige, fait scientifique avéré) et qu’on les balance de temps en temps du haut des immeubles en leur jetant un « tu t’appelles Petit-Aigle-Majestueux ? Ben vas-y, bats des bras dugland ! ». Non, aujourd’hui, l’art est devenu subtilité. On ne déchiquète pas au boulet. Ça manque cruellement de chien. On ne parque pas par ethnie. Ça fait mauvais genre. Non, aujourd’hui, on élimine au dino. En plus, ce qu’il y a de bien, c’est qu’on peut dire « oh, pardon, c’était un accident, on n’avait pas vu que le T-Rex était dehors. Pardon aux familles… ». Et le prochain sur la liste de « pâtée pour dino », c’est Turok. Seulement voilà, dans Turok, y’a des os. Tout plein d’os…
 
   
   
 
Turok est, à l’origine, un personnage de Comic américain datant des années 50. 1954 pour être plus précis. Il apparaît dans le Four Color Comics n°596 cette année-là, avant d’avoir sa série à lui, portant son nom, quelques temps plus tard. Turok est un indien qui se retrouve avec son frère Andar, piégé dans une vallée où vivent des dinosaures. Il faudra attendre 1997 pour que la série soit adaptée en jeu vidéo, sur Nintendo 64 et PC. Plusieurs suites achèveront de placer la série au rang de FPS culte sur console (moins sur PC). Turok Evolution sorti en 2002 sur PC, GameCube, Xbox et PS2, lui, n’a pas vraiment réussi à convaincre.
 
Aujourd’hui, Disn… euh… Touchstone (la branche adulte de Disney qu’on n’a pas le droit de dire que c’est Disney parce que la firme de Bambi qui flingue du dino dans des gerbes de sang ça la fout mal et que si on le dit on risque de se faire grave embêter) livre Turok. Tout court. Turok sort aujourd’hui sur Xbox 360 et sur PS3. Plus tard sur PC.
 
   
   
 
L’histoire vous emmène aux origines de Turok. Et ces origines prennent un tournant radical par rapport au scénario originel du Comic. On retrouve en effet Turok, grande gueule, en combi orange, menottes aux poignets, en compagnie d’autres taulards. Un type leur explique qu’ils ont été choisis pour devenir des membres d’une unité spéciale, le Wolf Pack, en raison de leurs capacités physiques exceptionnelles. A choisir entre casser du caillou et devenir un soldat surentraîné, euh… Turok décide d’oublier les cailloux. C’est Roland Kane, ze big boss de l’unité, qui fait son apprentissage. Des années ont passées. Turok a quitté cette unité pour cause de divergence grave de chez grave avec son mentor. On le retrouve dans un vaisseau spatial en compagnie de soldats genre Marines : la Whiskey Company. Turok les accompagne et leur servira de guide pour arrêter son ancien mentor. Kane est en effet sous le coup d’un mandat d’arrêt intergalactique. Il a été repéré sur une planète primitive, La suite est simple : le vaisseau est shooté par un missile, s’écrase comme une merde sur la planète et Turok se retrouve avec quelques survivants dans un milieu vachement hostile. D’autant plus hostile que dans cette jungle vivent des tas de dinosaures dont certains pas franchement prompts à vous faire une petite fellation. Ou alors ils y mettent grave les dents et ça fait mal. Très mal.
 
   
   
 
Dans un premier temps, il va falloir essayer de trouver des survivants. Disloqué, le vaisseau s’est écrasé en deux endroits de la planète. Sur le chemin, en plus des dinos carnivores, vous allez devoir fritter du soldat. Car Kane dispose d’une véritable armée sur place.
 
Le jeu est un FPS assez classique. Vous traversez la jungle, des grottes et des bases ennemies, mélangeant allègrement les deux styles de décors. Et la sauce prend admirablement. Si on regrettera que les niveaux soient si linéaires, c’est tout de même un poil atténué par l’alternance entre chemins bien définis et grandes clairières, ou par l’oppression systématique due à une flore omniprésente et oppressante. Vous disposerez de quatre armes, dont deux imposées, à gérer avec le pavé directionnel du paddle. Flèche haute pour l’arc, flèche basse pour le couteau. La flèche droite et la flèche gauche vous permettent de sélectionner d’autres armes. Parmi elles, fusil à impulsion, pistolet, pistolet mitrailleur, fusil de sniper, lance-roquettes, fusil à pompe, et j’en passe. Vous ne pourrez en porter que deux. Sachant que les armes légères (pistolets) peuvent aussi être tenues une dans chaque main. Sachant aussi que certaines armes ont un tir secondaire : flèches explosives pour l’arc, flare pour le fusil à pompe, grenade énergétique pour le fusil à impulsion…
 
   
   
 
Grosso modo, Turok est un mélange de FPS brutal et d’infiltration mêlée de réflexion. Brutal lorsque l’affrontement est inévitable, des hordes d’ennemis déferlant sous votre feu. De réflexion lorsqu’il vous faut éviter le contact, ou du moins réduire les forces ennemies trop importantes pour que vous les combattiez directement. Ainsi, on peut par exemple envoyer un flare (cartouche éclairante) sur un dino : attirés par la lumière, les autres dinos viendront le becter et finiront par s’entretuer. De même on peut tirer sur des œufs de dino pour faire rappliquer la moman pas spécialement jouasse de se retrouver avec une omelette en guise de descendance et qui s’en prendra à tout ce qu’elle voit… par exemple la patrouille de gardes. Enfin, le côté infiltration vient du fait que vous pouvez tuer un ennemi au couteau en vous faufilant derrière lui. Ces scènes de couteau vous demandent d’appuyer sur la gâchette droite au bon moment et déclenchent une cinématique. De la même sorte, vous pourrez tuer les dinos au couteau. Il suffit d’être suffisamment prêt. Si on regrettera qu’il n’y ai qu’une ou deux cinématiques différentes pour chaque dino, cela donne lieu à des massacres finalement assez stylisés. Sympa comme tout et ce, même si ces cinématiques posent un problème de placement dans l’espace. Je m’explique : vous êtes face à un dino. Vous déclenchez le coup de couteau fatal. Turok effectue le mouvement, tue le dino et hop, vous replonger en vue subjective… sauf que Turok a changé de place et d’orientation. Cela peut parfois mener à une perte du sens de l’orientation de quelques secondes assez gênante. C’est sans doute le plus gros point noir du jeu, même si on arrive finalement à s’y faire et à anticiper.
 
   
   
 
Des dinos, il en pleut des tas. Du petit inoffensif (Compsognathus), du petit méchant (Utahraptor), du gros inoffensif sauf qui on lui cherche des poux (Parasaurolophus), du gros méchant (Dilophosaurus), du très gros inoffensif que l’on aperçoit au loin (Apatosaurus), du très gros qui vous met bien les boules à vous courser pour vous becter (Tyrannosaurus rex)… on en a même du fictif qui grimpe aux arbres et qui participe à lui seul à de grands moments du jeu. De grands moments de trouille et de progression pas à pas… Au total, vous aurez à faire à une petite douzaine de dinos différents, et vous en verrez quelques-uns de plus dans le décor (notamment des Ptéranodons). De quoi bien s’éclater, croyez-moi.
 
L’ambiance monte petit à petit. Et finalement, on rentre dedans sans retenue. La parano s’installe, à zieuter au loin, en haut, sur les côtés…
 
   
   
 
Graphiquement, le jeu est plutôt réussi. Si on dénote quelques bugs de collisions, mais rien de bien grave, les décors sont superbes. La jungle n’est pas forcément hyper animée, mais quelques branches et l’herbe remuent suffisamment pour donner l’impression d’être bel et bien dans la jungle et non pas dans un décor carton pâte. Les dinos sont merveilleusement bien animés. Les soldats peut-être un poil moins, mais rien de dramatique non plus. On regrettera peut-être qu’ils vous découvrent un peu trop facilement, et ce même planqué en hauteur. Leur IA est assez bonne. Ils ne réapparaîtront pas au même endroit s’ils se planquent derrière un rocher et n’hésiteront pas à vous contourner s’ils le peuvent. Vos coéquipiers seront aussi souvent utiles. Vous serez en effet souvent accompagné d'un, voire deux types. Mais pas toujours...
 
Bref, un FPS qui le fait. Pas le meilleur de tous, pas le top du top, mais suffisamment réussi, intense et original pour que nous vous le conseillions. La difficulté, même en mode normal (le plus faible des 3), est assez relevée.
 
   
   
 
Et puis… il y a le multi. Et quel multi ! Parties privées, publiques… et coopération. La coop permet de réaliser des missions face à l’ennemi, entre potes (4 maxi), sur 3 cartes. Le pied. Les autres sont des deathmatchs, en solo ou par équipes, sur 7 cartes (16 joueurs maxi). Deathmatch, Capture the flag, Assaut capture de drapeau, War Games (affrontement à objectifs, du genre désamorcer une bombe, détruire le QG ennemi, prendre une tour…) ce, avec tout un tas d’options (tir ami, encombrement d’objets, temps de retour du drapeau, respawn des armes, pénalité suicide, points perdus pour suicide ou tir ami, vitesse drapeau en mains…). Le multi est assez complet, même si on aurait aimé plus de cartes (de nouvelles seront très certainement à télécharger par la suite).
 
Que dire pour conclure ? Turok est un FPS purement console. Moins intuitif, moins précis qu’un FPS sur PC. Plus linéaire aussi, sans doute. Ce n’est pas pour autant un mauvais FPS. Loin de là. Il est doté d’une excellente ambiance. Il faut jongler sans cesse entre les armes, à se demander qui d’un soldat ou d’un dino va nous tomber dessus. Certains passages sont particulièrement épiques. Notamment quand vous vous retrouvez au milieu d’une dizaine de dinos, dans les grottes, ou face à la base, à éviter les snipers tandis que des dinos vous fondent dessus. Et des scènes intenses, il y en a très régulièrement. Le jeu n’est pas parfait, donc, mais il assure. Vraiment. On se prend au jeu. Si son mode solo ne vaut sans doute pas plus que 3 étoiles et demie, et encore, en étant un peu complaisant, le jeu au final offre un mode multijoueurs qui justifie sa note finale de 4 étoiles. Si une carte (Tempête de feu) est assez classique et finalement ne représente que peu d’intérêt, les autres sont vraiment jouissives et permettent de grands moments, à latter les autres joueurs au couteau (carte Invasion, par exemple). Le mode coop ajoute un bonus non négligeable.
 
Bref, sans être un incontournable, sans être parfait, Turok est un produit complet, offrant une aventure sympa et intense en solo et un mode multijoueur très réussi. De quoi le recommander, forcément.
 
   
   
   
Note graphisme :
note : 8 /10
Franchement joli, avec de beaux effets spéciaux (les fumées), avec une jolie ambiance sonore, Turok est plaisant à jouer et à regarder. Les dinos sont particulièrement réussis.
Note intérêt :
note : 7 /10
Après un dernier épisode sans grand génie, c'est le moins que l'on puisse dire, on était en droit de craindre le pire. Heureusement, c'est le meilleur qui nous arrive : Un Turok next-gen réussi.
Note jouabilité :
note : 8 /10
Pas simple du tout, le jeu est toutefois facile à prendre en mains. Les touches sont intuitives, le paddle répond bien, bref c'est un FPS réussi du point de vue contrôle.
Note finale :
note : 8 /10
Bien foutu, joli, doté d'une aventure solo captivante et à l'ambiance réussie, doté d'un multi également complet et bien pensé, Turok est vraiment une excellente surprise. On lui passera alors aisément quelques petits défauts, notamment le positionnement du personnage suite aux cinématique, parfois pénible. Allez, ne boudons pas notre plaisir et accordons-lui un joli 4 étoiles.
 
Avis des INpactiens :
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