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Need For Speed : Pro Street [PS3]
Vignette Rédigé par
le 04 décembre 2007

Catégorie : Courses
Plateforme : PS3
Editeur : Electronic Arts
Développeur : EA Games
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Actualités relatives à ce jeu

Je garde une certaine tendresse pour la série Need For Speed. J’y ai connu mes émois sans doute les plus forts en ce qui concerne un jeu de courses. Des heures entières, seul ou à plusieurs, à s’affronter sur les circuits tortueux et semés d’embûches du numéro 3, baptisé Hot Pursuit. J’y ai découvert non seulement que j’étais une grosse bouse dans ce genre de jeux, mais également que, si par hasard je m’en venais à gagner une course, l’humiliation de mes adversaires était à la hauteur du choix de ma voiture : une Lamborghini Countach Rose. Et pour info, choisir une voiture avec une telle couleur n’est pas forcément l’expression d’un cerveau dérangé ou de goûts plus que douteux, mais plus précisément d’un sens de la provoc’ finement crétin.

 

Le temps a passé depuis et, quelque vingt ans après, la série Need For Speed est toujours là. Plus étonnant, moi aussi. Mais notre amour n’a pas résisté au temps et nous ne nous regardons plus comme avant. La série s’est, à mon avis, engluée dans des choix douteux. Et, euh… moi aussi, quelque part. Les jeux de courses de voiture, j’aime toujours. Mais le tuning, j’ai vraiment du mal. Cravacher pour installer sur une bagnole virtuelle des bandelettes en forme de flammes, un double pot chromé et foutre dans le moteur un RS25 ou un moteur avec des cylindres en W… comment dire.. je m’en contre bas les sboubs. Déjà, quand il fallait régler uniquement la dureté des pneus et des amortisseurs, ça me gavait, alors je vous laisse imaginer…

 

   
   

 

Mais bon. Comme le disait si bien Alfred, « qu’importe le flacon, pourvu qu’il y ait l’ivresse ». Et je supporterais aisément tous les réglages du monde, tous les stickers ridicules de la planète et même les poufs qui se trémoussent sur le capot, pourvu que la course soit belle, bonne, puissante et intense. Car si vous y réfléchissez bien, tout l’intérêt d’un jeu de courses, eh bien, euh, c’est de faire des courses. La partie tuning pourrait être totalement ratée que le jeu deviendrait tout de même culte si ses courses sont démentes. A contrario, vous pourriez avoir la partie tuning la plus fabuleuse, que le jeu resterait une grosse daube si la partie course est foirée.

 

Je n’irai pas par quatre chemins. Need For Speed : Pro Street ne fait pas honneur à la série. Je n’irai pas jusqu’à dire que c’est une merde, mais euh… en fait, je me tâte. Après un Need For Speed : Carbon décevant, on espérait que Electronic Arts rectifie le tir et revienne à nos premières amours, à un jeu moins prise de tête, des circuits originaux, des embûches malines, une intensité prenante… et laisse un peu tomber l’enrobage d’un scénario poussif et sans intérêt. Il semblerait que nos suppliques leur soient passées largement au-dessus de la tête.

 

   
   

 

Ce Pro Street vous place dans le monde très très spécial des fans de tunning et des réunions sportives qui rythment leur vie. Et par très très spécial, j’entends « complètement ringard et pitoyable ». Enfin, c’est du moins l’impression que veut en donner Electronic Arts. Des bagnoles peintes avec un mauvais goût certain et posées sur des podiums. Des poufs qui se trémoussent devant. Et surtout, oh oui, surtout, un MC (maître de cérémonie) qui vous pète les oreilles à raconter n’importe quoi et à brailler dans un micro à l’écho catastrophique. On se croirait dans une mauvaise boîte de nuit de province… non, remarquez, même les mauvaises boîtes de nuit de province sont moins pénibles. On se croirait devant un DJ accroc du micro qui fait son chaud dans un bal-musette, avec la sono de son petit frère. Dès qu’il prononce un mot, on a envie de le baffer, de lui exploser la tronche dans une baffle. Complètement beauf, totalement insupportable, il se paye également le luxe de commenter les courses. Et ses commentaires sont à la hauteur de son QI de truffe : je veux dire, quand on a 15 secondes d’avance sur le deuxième, qu’il ne reste qu’un tour à faire, que vous dominez la course insolemment et que vous la gagneriez même en faisant le reste du circuit en marche arrière, balancer un « rien n’est joué, la course est encore indécise », c’est digne d’un commentaire de Fifa ou de PES, ça…

 

Dans cette ambiance insupportable dont le seul but est de vous faire couper le son de votre téléviseur, le jeu propose plusieurs modes de courses : Grip (courses classiques), Drift (dérapages), Sprint (accélération avec passages de vitesse) et maxi défi (maintenir la vitesse max). Tous sont plutôt réussis et sympathiques, hormis le sprint, galère et pénible notamment puisqu’il faut bien gérer la gâchette d’accélération, ne pas trop l’enfoncer, bien doser sa force, pour que la voiture démarre correctement. Le paddle n’est pas spécialement précis, ce qui vous fait régulièrement foirer vos départs et donc toute l’épreuve. Heureusement, trois essais sont offerts… mais bon…

 

Des règles différentes sont applicables à ces modes. Courses toutes catégories de voitures confondues ou par catégories séparées, contre la montre, par segments (le circuit est divisé par segments et vous devez en battre chaque record), sprint sur 400 ou 800 mètres, roues arrière et j’en passe… Globalement, c’est assez varié.

 

Côté caisses, on appréciera déjà la gestion des dégâts. Ouf. Elle est reviendu. Bon, ce n’est pas encore des gerbes d’étincelles et des morceaux qui giclent de partout, autrement dit les collisions manquent sévèrement d’identité visuelle, mais on s’en contentera tout de même. Vous devrez, entre chaque épreuve, réparer votre caisse en dépensant l’argent gagné au fur et à mesure. En ce qui concerne ces caisses, d’ailleurs, c’est le minimum syndical. On aurait vraiment aimé plus de modèles, en plus des Volkswagen, Mazda, Nissan, Lamborghini et autres. On pourra encore acheter diverses pièces pour améliorer la caisse, la sculpter et j’en passe et j’en oublie. La partie tuning est toujours là, peut-être un poil moins omniprésente, mais toujours là.

 

   
   

 

Comme on ne s’arrêtera pas en si bon chemin, on va taper dans le lard plus profondément, sabrer à la machette, arracher les tripes de ce Need For Speed : Pro Street avec les dents et pousser un cri bestial de frustration et de haine. L’ambiance est beauf, ringarde, pourrie, agaçante au plus haut point, merci le speaker de mes deux. On en a déjà parlé mais je voulais en remettre une petite couche pour bien vous faire comprendre à quel point c’est gonflant. Ce n’est malheureusement pas tout. La conduite est un poil poussive. Les drifts ne sont pas parfaitement maniables, les sprints (là encore on en a déjà parlé) sont à revoir… Des sensations en deçà de ce que la série nous avait habitué, donc, auxquelles on rajoutera des freinages (freins ou frein à main) tellement efficaces qu’ils en deviennent inutiles et que tout se joue avec la gâchette d’accélération, à la relâcher pour perdre de la vitesse. Question graphisme, on parlera des points positifs : l’impression de vitesse, toujours aussi bluffante. Ça va vite, la fumée (splendide) gicle des pneus, les décors défilent à toute allure… c’est agréable. Les décors aussi, sont plutôt réussis. Enfin moi je les trouve plutôt sympathiques. Bon, ce n’est pas full détails, genre une forêt dense ou une ville ultra détaillée, mais ce que l’on voit à l’écran est agréable à voir. Enfin, pour peu que vous fassiez une pause, que vous arrêtiez la bagnole sur le bas-côté et que vous coupiez le contact pour regarder le paysage. Le souci, c’est quand vous redémarrez… Parce que faire un beau jeu de courses, c’est bien… mais le faire avec plus de 16FPS, c’est mieux. Le jeu rame comme jamais. Un manque catastrophique de fluidité. Pour être honnête, je n’ai pas réussi à enquiller plus de 3 courses de suite sans faire une pause d’au moins 30 minutes. Enfin, on terminera avec des circuits sans âme, sans génie, du déjà-vu mille fois que l’on passe sans même lever un sourcil, sans difficulté particulière. Inutile de dire donc, que le mode multijoueur à 8 max, ben on s’en cogne un peu, à partir du moment où le jeu est globalement mauvais.

 

Au final, donc, ce Need For Speed : Pro Street est une bouse. Un jeu raté de A à Z qu’il faut à mon humble avis brûler intégralement, et coller les développeurs dans le brasier. Tant pis si quelques trucs pourraient être sauvés : mieux vaut appliquer le principe de précaution et cramer tout le cheptel. Le plus honteux étant une fluidité catastrophique. Ça rame tellement que ce n’est plus un jeu de courses mais du kayak. D’habitude on vous lancerait un truc du genre « un jeu à oublier bien vite »… mais là, justement, non. Il ne faut surtout pas oublier. Need For Speed : Pro Street s’inscrit comme référence pour un travail de mémoire et s’écrier : « plus jamais ça ».

Et c'est à ce moment-là que l'on relit la toute première phrase du test. Et on se dit « ben heureusement, sinon qu'est-ce que ça aurait été... »


   
   
   
   

Note graphisme :
note : 2 /10
Oui, les décors sont réussis. Les voitures sont assez belles, même si ça sent le "on prend les mêmes et on les refourgue dans un nouveau jeu". Mais ce qui est totalement insupportable, ce sont les saccades catastrophiques qui rendent le jeu pénible.
Note intérêt :
note : 4 /10
La série Need For Speed s'englue dans ses idées de tuning et de réunions de fans de bagnoles pour des démonstrations de puissance ou de conduite. Elle en perd définitivement son âme.
Note jouabilité :
note : 7 /10
Bon, le manque total de fluidité n'est pas à proprement parler gênant pour le pilotage. Juste que le jeu offre une conduite un peu poussive, lourde, et manquant légèrement de sensations. Ca reste quand même largement acceptable.
Note finale :
note : 3 /10
Une conduite poussive, des circuits sans génie, une ambiance beauf et extraordinairement énervante, et surtout des ralentissements honteux et pénibles. Tout est réuni pour faire de ce Need For Speed : Pro Street un jeu parfaitement foiré. On se consolera en se disant que les décors sont jolis.