Même si elle s’englue peu à peu dans une médiocrité scénaristique désolante, la série Astérix reste sans nul doute la BD la plus célèbre de l’hexagone. Depuis les années 60, elle a connu des portages heureux ou excessivement malheureux sur le grand écran. Heureux avec les dessins animés des années 60, 70 et 80, voire 90 (Astérix chez les Indiens, 1995). Heureux avec Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre, film mené d’une main de Maître par Alain Chabat et dont le seul reproche que l’on pourrait lui faire est de s’orienter plus vers un humour Canal+ que l’humour original de la série. Heureux, enfin, avec le très réussi dessin animé Astérix et les Vikings sorti l’année passée. On se dit seulement, en fait, qu’ils ont intérêt à les distiller savamment, les adaptations, parce qu’il y a peu de chance qu’un Astérix et la Traviata soit un jour porté sur grand écran, tellement il est nul, et qu’ils risquent donc de tomber rapidement à court…
Alors que le ciel risque sérieusement de tomber sur la tête de nos gaulois préférés, voilà l’arrivée toute prochaine d’Astérix aux Jeux Olympiques sur nos écrans de cinéma le 30 janvier prochain. Un choix d’adaptation judicieux puisque, je vous le rappelle, les J.O. de Pékin débutent dès l’été de la même année. En attendant de voir ce que donnera ce film, sachez toutefois que si Gérard Depardieu continue de camper un Obélix assez convaincant, c’est Clovis Cornillac qui remplacera Christian Clavier dans le rôle d’Astérix. De mon point de vue, c’est une bonne nouvelle. On retrouvera également Alain Delon en César ou Benoit Poelvoorde en Brutus. Et pour les incultes, Brutus, c’est le fils de César et non pas son chien.
Surfant sur la vague, Atari adapte le film… en jeu vidéo. Première chose étonnante, le jeu vidéo sort deux mois avant le film. Seconde chose étonnante, plus qu’une simple adaptation poussive, il s’agit d’une réinterprétation de l’histoire du film, sauce jeu vidéo. De quoi se dire que, finalement, quand on veut s’en donner les moyens, on peut réussir à livrer autre chose qu’un copier/coller médiocre et sans âme.
Alafolix, petit gaulois un peu miteux et passablement fleur bleue, est amoureux de la Princesse Irina. Leur différence de rang s’estompera à la seule condition, qu’il gagne les Jeux Olympiques. Astérix et Obélix décident donc de lui donner un petit coup de main en y participant eux aussi. De son côté, Brutus compte bien profiter des réjouissances pour prendre la place de son paternel.
Dans le jeu vidéo, Brutus, grâce à l’aide du sorcier Docteurmabus, a réussi à voyager entre les différentes mondes de la série Astérix le Gaulois : BD, jeux vidéo et films. Grâce à ces voyages, il compte bien lever une armée invincible pour détrôner son père. Seul petit souci, ces voyages incessants d’une réalité à l’autre (ou plutôt d’une virtualité à l’autre) ont déglingué la réalité première. Le monde se mélange et devient fou : Panoramix est tout plat façon planche de BD.
Dans le jeu, donc, vous allez voir se mélanger personnages issus d’univers 2D ou 3D, dessinés ou filmés. Un mélange dont on aurait pu sérieusement craindre le pire, mais qui, il faut bien l’avouer, est excellemment géré. Bref, le jeu part en franche couillonnade et plonge pleinement dans l’univers original de la série, ses intrigues, son humour. Les petites vannes se succèdent, les situations burlesques également, on frémit de plaisir tellement à un tel point que jouer à cet Astérix sur Wii donne clairement envie d’aller voir le film !
Nos deux compères vont traverser l’Europe, donc, de leur petit village si célèbre jusqu’à Athènes, pour participer aux Jeux Olympiques. Après en avoir fini avec les modalités d’inscriptions, dans lesquelles on peut voir toute l’efficacité d’une administration moderne et bien organisée, ils vont participer aux différentes épreuves. Et justement, parlons-en, de ces épreuves. 100 mètres, saut en longueur, marteau, foot/volley, castagne… on retrouve un mélange de vraies épreuves et de jeux plus « légers ». Avec quelques variantes, les épreuves. Par exemple, on pourra sauter plus loin et réalisant quelques combos : Appuyer sur les boutons A et B et tourner la Wiimote dans un ordre précis donnera une impulsion supplémentaire pour sauter plus loin. Dans le 100 mètres, on pourra coller des pains à son adversaire. Les jeux inventés pour l’occasion, eux, sont du genre taper dans des ballons et les envoyer au-dessus d’un filet de volley avant qu’ils n’explosent. 9 épreuves sont disponibles au total.
Le jeu est donc un mélange de jeu d’action/plateformes et de mini-jeux. Et Astérix aux Jeux Olympiques est un bon jeu d’action/plateformes. On se plaît à taper du Romain, à résoudre les quelques petites énigmes qui parsèment l’aventure et à faire progresser le scénario. Par contre, en ce qui concerne sa partie mini-jeux, il est très nettement moins réussi. Si le saut en longueur, par exemple, est sympathique, avec la possibilité de réaliser des combos en plein vol plané pour donner une impulsion supplémentaire, le 100 mètres manque sérieusement de pèche, même s’il permet justement d’en donner à son adversaire, des pèches. Le foot/volley est pénible à souhait, la castagne de romains est longue et pénible…
D’autres problèmes sont également à souligner. La gestion de la caméra est plutôt erratique, il faut bien l’avouer. Le jeu à deux s’en trouve particulièrement handicapé, l’un étant souvent perdu dans les méandres de l’écran puisque non limité à sa vue : les deux joueurs pourront en effet se séparer pour suivre chacun son chemin. On pourra alors switcher la caméra de l’un à l’autre personnage. Un effet peu pratique en réalité et obligeant le second joueur à attendre sans rien faire. Un écran splitté aurait été largement mieux venu, ou du moins les développeurs auraient dû le rendre possible. De même, les épreuves ne sont jouables qu’à deux joueurs maxi.
Graphiquement, si on ne tient pas compte des limitations techniques de la Wii qui offre des décors réussis mais aux textures parfois un peu lisses ou à un effet de scintillement sur certaines arrêtes, le tout est assez convaincant. Le mélange des différents personnages 2D, 3D et filmés est bien géré et on retrouve parfaitement l’ambiance de la série.
Au final, donc, que penser de cet Astérix-là ? Eh bien que c’est plutôt un bon jeu. Assez plaisant à jouer, très drôle, servi par un doublage de qualité et s’inscrivant parfaitement dans l’ambiance de la série BD, il ne devrait pas décevoir les fans des deux gaulois. Reste qu’il est passablement raté sur les épreuves, à mon humble avis. Oh, on ne lui demandait pas d’être aussi sympa qu’un Mario et Sonic aux Jeux Olympiques, mais peut-être d’en faire un peu plus, jouables à 4 et surtout, quand on en a si peu, on évite d’en foirer certaines. Bref, sans s’enthousiasmer mais sans en dire du mal non plus, on conclura que Astérix aux Jeux Olympiques est un petit jeu bien sympa. C’est tout.




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Qu'emmèneriez-vous sur une île déserte ?



































