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Experience 112 [PC]
Vignette Rédigé par
le 16 novembre 2007

Catégorie : Aventure
Plateforme : PC
Editeur : Micro Application
Développeur : Lexis Numerique
Meilleur Prix Du Net : Comparer les prix

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Il y a toujours des extraterrestres dans le monde du jeu vidéo. Des trucs qui explorent des gameplays plus ou moins jamais vus, et qui cherchent à aller au bout de leur concept. Ça donne toujours des choses bien à part, plus ou moins attachées à des genres qui ont déjà fait leurs preuves, mais dont l’intérêt est toujours très présent. Experience 112 fait partie de ce type de jeu. Fini les courses effrénées derrière des monstres et autres « soldats terroristes de l’armée ennemie ». Place à d’autres éléments de jeu du genre « jeu de piste avec une caméra et une ampoule électrique ».

À fond de cale
Tout commence à bord des restes d’un vieux cargo (j’ai mon contrat confiance, l’encéphalo qu’il faut, j’dis « bonjour », faut bien que j’me mouille). La chose est échouée au large de l’une de ces îles complètement perdues et qui n’intéressent personne à part John Locke. Il y a des mouettes un peu partout, et la végétation est tellement luxuriante qu’elle s’est mise à pousser sur l’épave, flanquée contre la cote escarpée du caillou. La rouille a remplacé la peinture blanche du bâtiment en bien des endroits, c’est dire si ce navire s’est échoué il y a un certain temps.

Les entrailles sont plongées dans le noir. Mystérieusement, elles sont percées par quelques faibles lumières laissant supposer qu’il doit rester quelque part assez d’énergie pour faire tourner ces quelques machines. Et puis une caméra s’allume, et se fixe sur la couchette occupée par la silhouette d’une jeune femme. Pas morte. Bizarre. Surtout lorsque l’on voit l’état global du navire. Elle se réveille. Bouge la caméra, puis s’adresse à nous : nous la voyons sur l’écran de notre ordinateur par on ne sait quel miracle, et elle nous demande de l’aider, comme on aiderait une belle au bois dormant se réveillant devant l’absence du prince, sans doute mort de vieillesse depuis des lustres, ou alors dans l’impossibilité de venir la secourir puisque retenu par une grève des transports en commun.

Nous voilà donc seul à pouvoir secourir la jeune fille, sortie d’un sommeil qui a du durer des années, et prisonnière d’un vaisseau qui serait presque à deux doigts d’être fantôme.

Voyeur
Le but du jeu est ici de découvrir le pourquoi du comment de cet échouage, et par la même occasion, de permettre à Léa Nichols, la dernière passagère vivante de ce sinistre tanker, de mettre les bouts. Pour arriver à ces objectifs, le joueur doit composer avec les moyens du bord. D’un côté, il scrute et recherche des indices grâce aux nombreuses caméras de surveillance du navire dont il peut se servir à souhait, et grâce auxquelles il peut « interagir » avec Léa Nichols, de l’autre, il accède aux informations disponibles à propos de ce bien mystérieux navire, en s’infiltrant dans la base de données du navire, au fur et à mesure qu’il découvre les indices révélés par le bon usage des caméras.

Reste que les caméras en question peuvent se faire améliorer tout au long de la partie, se faisant greffer un optique de visée nocturne, infrarouge, ou encore pouvant se mettre à zoomer, histoire de pouvoir visionner autant que faire se peut les nombreux indices qui sont un peu partout éparpillés à bord. De même, certaines de ces caméras peuvent être couplées à des petits robots de manutention, permettant carrément de rapporter les indices trouvés à Léa, au cour de sa progression. C’est bête comme bonjour, mais ça fonctionne.

Tout ceci est bien beau, mais n’incite pas vraiment notre héroïne à avancer vers un point donné dans le navire. Et puis, il faut dire que la petite Léa, qui pour le coup est loin d’être en train de cuisiner, est la seule aide pour elle-même : puisque c’est à elle d’attraper la plus grande partie des indices nécessaires à son évasion, et à la découverte de la vérité qui a poussé son bateau à s’échouer dans ce coin du Pacifique. Il faut donc guider la jeune fille, et la pousser à avancer dans telle ou telle direction, une fois qu’on s’est assuré, via les caméras, que la zone à explorer ne lui fera courir aucun risque.

Aussi, histoire de faire avancer la donzelle là où on veut, il faut allumer les lumières de telle ou telle zone, au fur et à mesure de sa progression. Il ne servira à rien d’essayer de la faire avancer directement sur une zone dans laquelle on aura tout allumé pour mieux voir avec la caméra. Il est à noter qu’on peut tout de même balader Léa d’un bout à l’autre d’une grande pièce simplement en jouant de l’interrupteur sur une seule ampoule… C’est ce qu’on appelle avoir une nana au doigt et à l’œil.

Compatible écran 36 pouces
Tout cela semble plutôt bien tourner. On retrouve un gameplay participatif à l’instar de ce qu’il s’était déjà vu sur un jeu comme In Memoriam, sauf qu’ici, on a un effet direct visible sur la narration de l’histoire au fur et à mesure que l’on retrouve les morceaux d’un puzzle scientifico-fantastique (finalement, In Memoriam, c’est aussi du puzzle, mais dans ce dernier cas, le joueur n’a pas d’influence sur l’enquête elle-même : il est juste le jouet d’un serial killer).

Tout le jeu tient finalement sur l’art de savoir ouvrir les fenêtres sur son écran, un peu comme si on ouvrait des fenêtres sur le bureau de son ordinateur. Il faut être organisé, et pouvoir faire le tri entre les fenêtre. Reste que le bât blesse dans la gestion des fenêtres qui n’est pas aussi intuitive que celle d’un système qui se respecte. Par exemple, les fenêtres s’affichant par « serie d’ordre », on ne peut pas espérer afficher une fenêtre qui est cachée par une autre en espérant qu’elle apparaisse au dessus de la pile. Elle restera toujours à la même place… le joueur se retrouve donc très vite en train de jongler avec les multiples fenêtres qui pullulent sur l’écran pour retrouver ce qui l’intéresse. Ceci est valable avec toutes les fenêtres du jeu, que cela soit pour la saisie d’un mot de passe, la consultation d’un dossier, ou que cela soit pour le visionnage d’un champ de caméra… C’est assez « lourd » dans l’ensemble, et il vaut mieux avoir un écran de bonne dimension si on veut « naviguer » souplement.

C’est d’autant plus rageant que si on a un bureau étendu sur deux écran, on ne puisse se servir que d’un seul ! C’est idiot, dirons nous. Ce qui est aussi idiot, c’est qu’il semble que le jeu ait un bug pour la demande d’affichage de certaines résolution : le menu déroulant ne permettant notamment pas de cliquer sur 1 600 x 1 200… Ou alors, ça vient uniquement des ordinateurs qui ont fait tourné le jeu.

Le syndrôme de Perette
Côté graphisme, ça tient la route. Inutile de demander un truc super anti-alliasé, c’est crénelé au dernier degré, mais dans la mesure où les fenêtres de surveillance vidéo sont le plus souvent réduite, ce n’est pas gênant en soit. De même, le propos du jeu ne s’articule pas sur une prouesse graphique, mais bel et bien sur un gameplay original qui cherche à créer une passerelle de gameplay entre le monde réel, et celui du jeu.

Tout repose donc sur la présence de la femme dans le jeu… Enfin, la femme virtuelle. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle est cruche. Comment peut-on rester si calme lorsqu’on se réveille après un tel coma ? Comment peut-on faire sa vierge effarouchée devant des cadavres, alors que sa survie dépend de tous les indices que l’on peut trouver à bord des poches d’un cadavre ? Tous ces aspects ont tendance à écarter le joueur d’une ambiance qui aurait mérité d’être un petit peu plus oppressante. Certes, de là à jouer une hystérique, il ne faut pas pousser mémé dans les orties, mais bon… Léa, pour le coup, elle est tellement austère qu’elle fait fille frigide aussi raide qu’un crayon… Ça manque de charme tout ça.

Il n’en demeure pas moins que Experience 112 est un jeu d’aventure très élégant dans son gameplay, et dans sa manière de fournir un amusement. On regrette juste son austérité, et son manque de souplesse dans son interfaçage.

 
Configuration minimum :
Processeur 2Ghz, 1Go ram, carte graphique compatible directX 9, Ati 1600 ou Nvidia 6600, DVD Rom.
Configuration recommandée :
Processeur 2Ghz, 1Go ram, carte graphique compatible directX 9, Ati 1600 ou Nvidia 6600, DVD Rom.
Note graphisme :
note : 7 /10
Mêlant une interface de bureau classique, et des images issues de caméras de surveillance, l'ensemble tient relativement bien la route. Les effets de flou et de parasitage des images de surveillance donnent une cosmétique intéressante et déglinguée, même si l'ensemble des images demeure très sobre.
Note intérêt :
note : 9 /10
Dans la lignée des jeux du genre In Memoriam, Experience propos un gameplay très participatif dans son intrigue. Le concept est d'autant plus intéressant que le joueur n'est plus le spectateur passif du jeu, mais devient alors acteur de l'intrigue.
Note jouabilité :
note : 6 /10
Si le jeu s'appuie sur un interface de bureau classique, il n'en a pas vraiment la souplesse. La multitude de fenêtres affichées à l'écran rend parfois la navigation difficile, et quelqu'un de brouillon pourra vite s'y perdre.
Note finale :
note : 7 /10
Experience 112 est assez accrocheur à travers le gameplay très novateur qu'il offre, et bien moins esotérique qu'un In Memoriam. Lexis a ouvert une nouvelle voie très intéressante dans le domaine du jeu d'aventure.
 
Avis des INpactiens :
Aucune note