La guerre c’est sale. Vraiment. Oh, non, pas façon film d’action hollywoodien ou jeu vidéo classique. En vrai, les héros ne s’en sortent pas s’ils reçoivent des bastos. Il n’y a pas de medikit miracle. On ne peut pas gambader six kilomètres après avoir reçu du plomb dans la cuisse. On n’en sort pas à peine décoiffer pour culbuter l’héroïne sur la table du salon. Les nichons, on a du mal à les tripoter et la médaille, on a du mal à la retirer de sa veste quand on a perdu ses deux bras. Et surtout, on a du mal à attraper le chocolat.
M’en fous. Certains reprocheront à Call of Duty d’être un FPS bien trop scripté. D’un côté, c’est vrai. On suit l’équipe. On suit ses potes. Et même si on peut contourner certains bâtiments et prendre plusieurs routes, cela reste dans un secteur extrêmement limité. Sauf que ne voir que cet aspect des choses, c’est comme ne pas vouloir manger de tarte à pâte sablée sous prétexte qu’on n’aime pas l’œuf. Eh, banane, tu le sens où, toi, l’œuf, dans la pâte ?
Call of Duty, ce n’est pas un jeu, en fait. C’est une putain de claque. Un putain de grand spectacle. J’avais déjà fait le rapprochement pour le précédent opus, mais c’est bel et bien le « Il faut sauver le Soldat Ryan » du jeu vidéo. Ça pète de partout. On en prend plein les yeux. On en prend plein les oreilles. On en prend plein la gueule. Call of Duty, ça pue la sueur, les excréments des morts et des vivants qui chialent leur mère sous les rafales ennemies, ça pue la poussière, la fumée, les corps calcinés, ça pue la mort, ça pue la volonté de tuer pour survivre.
Call of Duty 4 : Modern Warfare, donc. Exit la seconde guerre mondiale. Voilà les temps modernes. Vous jouez un soldat des S.A.S., les forces spéciales anglaises, en alternance avec un Marine américain. Le flegme britannique et le bourrinage ricain. Et d’ailleurs, les missions du SAS seront un poil plus subtiles que les missions des Marines. Si de subtilité on peut parler pour un tel jeu.
Le scénario est basique : un groupe de révolutionnaires du Moyen-Orient a réussi un coup d’Etat en Arabie Saoudite. Une coopération entre les Marines et le S.A.S. va permettre de les contrer et, disons-le tout net, de les éliminer.
Tout débute par un entraînement sur cible, chronométré. De votre résultat dépendra le niveau de difficulté proposé pour le jeu : recrue, 2e classe, commando ou vétéran. Bien entendu, même si vous avez obtenu une note pitoyable, vous pourrez choisir la difficulté qu’il vous plaira et ne pas suivre les recommandations. D’un point de vue personnel, nous ne saurions trop vous conseiller le niveau 2e classe pour les novices du FPS, et le niveau commando pour les plus habitués (voire vétéran pour les pros). Cela rallongera d’autant la durée de vie du jeu, fort courte au demeurant, en vous proposant un challenge nettement plus ardu.
La première mission se déroule sous les traits du membre du SAS, sur un cargo que vous prenez d’assaut. Et dès lors, si le contact avec l’ennemi n’est pas forcément soutenu, on prend quand même la première claque visuelle. C’est absolument sublime et ça fourmille de détails. Les conduites qui explosent, la pluie battante, les éclairs, le tangage… Mention spéciale à la fuite finale, alors que le navire coule, fabuleuse d’intensité. L’intensité. C’est là toute la définition de Call of Duty 4. Après cette première mission, elle va croissante et trouve son apogée dans les affrontements en ville. La deuxième mission, vous la débutez à travers les yeux du président d’Arabie Saoudite qui suit malgré lui ses tortionnaires. Sur le chemin en voiture, vous regardez votre pays à l’agonie. Les opposants sont molestés ou abattus en pleine rue… les révolutionnaires tirent en l’air pour crier leur joie… si vous n’êtes que spectateur, à bouger la tête de droite à gauche pour apercevoir les scènes, c’est toutefois absolument sublime. La mission continue avec le S.A.S. qui doit récupérer son informateur dans les montagnes Caucasiennes. Dans la forêt, la brume matinale vous entoure les pieds, la poussière vole dans les airs… Bon Dieu, on en pleurerait presque tellement c’est superbe.
Et les missions s’enchaînent, au fur et à mesure de vos réussites. La suivante, par exemple, se déroule en pleine ville du Moyen-Orient, en incarnant un Marine américain. Des combats de rue spectaculaires. Les hélicos qui shootent les bâtiments, vos avancées pâté de maisons par pâté de maisons, les tirs ennemis qui fusent, vos ripostes… l’apogée sera l’affrontement dans le centre de télévision, avec un combat d’anthologie, les PC qui explosent, les grenades qui font sauter les corps… La physique des corps, à ce propos, est tout simplement splendide, que ce soit lors des tirs ou des explosions. Une merveille.
Assaut d’un village, combats de rue, protection d’un tank enlisé… les missions défilent à une vitesse faramineuse (peut-être trop, d’ailleurs), sans que cette fameuse intensité ne retombe. On en prend vraiment plein la tronche tellement c’est beau, tellement ça pète de partout, tellement on s’y croirait. Entre Moyen-Orient et Russie, vous vous baladez donc dans la peau du S.A.S. ou du Marine. Quelques missions annexes viennent offrir un peu de diversité, comme lorsque vous êtes aux commandes de la mitrailleuse d’un hélico ou que vous devez apporter un soutien aérien à vos hommes, à bombarder les ennemis qui approchent. A ce propos, les tirs amis sont sanctionnés immédiatement par l’échec de la mission. Enfin, si ce tir est mortel, car il vous arrivera bel et bien de shooter un compatriote, sans gravité toutefois, et de continuer l’action. Mention spéciale à la mission flash-back absolument sublime qui se déroule à Tchernobyl. Non seulement les décors y sont époustouflants, mais elle est scénarisée de manière extraordinaire, pour terminer en apothéose.
Vous verrez défiler de nombreuses armes, du fusil de sniper à la mitrailleuse, en passant par le flingue, les grenades, et j’en passe et j’en oublie. Chaque arme possède sa propre cadence, sa propre vitesse de réarmement, sa propre portée, ses propres dégâts, sans parler de la localisation des dégâts, gérée ici. Si vous shootez un type dans la jambe, il y a fort à parier (mais pas forcément) que vous deviez le shooter une seconde fois. Sur certaines armes également, j’ai pu observer le fait de buter deux personnes l’une derrière l’autre avec une seule balle. Vous pourrez également shooter des ennemis à travers certaines portes, certains murs ou certaines protections, selon l’arme que vous utilisez. Une bien belle idée qui est à double tranchant : si vous pouvez le faire, vos ennemis aussi… De même, tout un tas de petits détails offre un niveau de réalisme supplémentaire, comme cette possibilité de retenir sa respiration avant un tir de sniper, histoire de stabiliser sa visée. D’autre part, vous pourrez ramasser armes et munitions sur les corps ennemis. Si les armes se feront sous votre action, les munitions seront automatiquement ramassées en passant dessus, sans vraiment vous en apercevoir.
Graphiquement, Call of Duty 4 est une pure merveille. C’est absolument sublime. Décors, animation, explosions… on n’a jamais vu ça. Une énorme claque. On regrettera à peine quelques petits points décevants, comme certains décors qui ne sont pas interactifs, comme les caméras dans la salle de télévision, certaines barrières de bois ou tôles ondulées, alors que partout giclent les parpaings, explosent les véhiculent… Mais honnêtement, dans le feu de l’action, on ne s’en rend pas vraiment compte. Bref, on pourrait en discuter pendant de très longues heures, mais Call of Duty 4 est très certainement le jeu le plus impressionnant sur Xbox 360 à l’heure actuelle. Vraiment. Il faut le voir pour le croire, pour le vivre, et pour se rendre compte qu’on n’a pas repris sa respiration depuis de longues minutes. Au moins, vous allez bosser vos capacités d’apnée.
Le jeu est sans concession avec la violence. Ça crie, ça fuse, les corps explosent, le sang gicle, on achève les mourants (sinon il y a des chances qu’ils vous lancent une grenade ou vous tirent dessus avant de rendre leur dernier souffle), on torture et on achève les prisonniers… La Convention de qui ? Genève ? Connais pas.
Call of Duty 4 est une donc un claque comme jamais nous n’en avons prise. Reste le gros, que dis-je, l’énorme point noir du jeu : sa durée de vie. 5 heures environ pour le mode facile. 6/7h pour le suivant, 9/10 pour le troisième, et une douzaine pour le dernier. Ouch. C’est court. Très court. Bien trop court. C’est d’autant plus rageant que la très grande qualité du titre veut que l’on en demande encore et encore. Toujours plus. Et que les développeurs nous en offrent toujours moins. On frise le foutage de gueule, en somme, la démo technologique payée au prix fort. Notez toutefois que tout aussi scripté soit-il, le jeu offre souvent plusieurs routes, certes dans un petit périmètre, mais cela permet d'avoir moins une impression de linéarité.
Heureusement, le jeu est sauvé par un mode multijoueur qui vaut vraiment le coup. A 24 en multiconsoles (si vous avez plein de potes, plein de télés, plein de prises électriques) ou à 18 en ligne maxi, voire à deux en écran splitté. Vous débuterez comme soldat seconde classe et ne seront accessibles que certaines classes de soldats et deux modes de jeu : deathmatch solo et deahtmatch par équipe. Au fur et à mesure, vous progresserez dans la hiérarchie et ouvrirez de nouveaux modes de jeux. Et il y en a un paquet : Domination, champ de bataille, sabotage, QG, recherche et destruction, objectif en équipe, tactique en équipe, ancienne école, matche en cage, et à l’ancienne. Soit de quoi couvrir à peu près tout ce qui existe en multi. Des missions par équipe, du capture the flag et j’en passe et j’en oublie. La plus grosse surprise vient en réalité du fait que les cartes soient celles que vous parcourrez dans le mode solo : aussi sublimes, aussi détaillées, aussi bien faites. Elles s’adaptent parfaitement au mode multi et offrent des combats d’une rare intensité. Le tout… sans aucun lag !
Au final, on oscille entre le contentement et la déception. Oui, Call of Duty 4 est un putain de jeu, passez-moi l’expression. LE jeu à absolument posséder pour en prendre plein la tronche. Sauf que sa durée de vie solo laisse un sale goût amer dans la bouche, à peine oublié par un mode multi complet et vraiment bien foutu. Maintenant, c’est à vous de voir si vous pensez que le jeu en vaut la chandelle. Pour notre part, sincèrement, même avec une durée de vie aussi faible, nous pensons qu’il le vaut tellement c’est intensif et percutant.




Toutes les marques citées sur INpact Virtuel appartiennent à leurs propriétaires respectifs ! - Page valide XHTML 1, CSS2 - Top 100
Partenaires : Call of Duty 4 [Xbox 360] - Comparatif GPS - Appareil Photo Numérique

A quelle fréquence lisez-vous INpact Virtuel ?










































































