Série culte s’il en est, Alexandra Ledermann est pour la seconde année adapté sur Nintendo DS… Oui, alors attends, il ne faut pas aller trop vite, là… Série culte ? Alexandra Ledermann ? Oui. Parfaitement. Avec près de 200 000 exemplaires vendus l’année passée, ce jeu d’équitation est sans nul doute l’un des jeux les plus vendus en France. Peut-être même le plus vendu en ce qui concerne les jeux dits « casual ». Et pour info, on appelle un « casual game » ces jeux qui ne sont pas destinés à des joueurs chevronnés mais plutôt au tout venant du jeu vidéo, ces joueurs occasionnels (d’où le mot casual) qui tripotent leur console non pas de manière compulsive mais plutôt lorsqu’ils se rendent compte qu’ils en ont une, genre quand ils font la poussière.
Nos chères têtes blondes, à qui le jeu Alexandra Ledermann s’adresse particulièrement, ne la connaissent peut-être justement pas, Alexandra Ledermann. Surdouée de l’équitation, qu’elle pratique depuis son plus jeune âge, Alexandra Ledermann devient double championne de France à douze ans, remporte son premier grand-prix à 18 et devient la première femme championne d’Europe à 30. On retiendra aussi sa médaille de bronze par équipe aux championnats d’Europe en 1995, sa médaille de bronze aux J.O. d’Atlanta en 1996 et sa médaille d’argent par équipe aux jeux équestres mondiaux de Rome en 1998. Son nom est associé à celle de sa monture, Rochet M, à laquelle elle restera fidèle, préférant s’éloigner des compétitions lorsqu’elle le mettra à la retraite.
Bref, Alexandra Ledermann, même sans avoir le plus beau palmarès qui soit de l’équitation française, reste tout de même une figure emblématique de ce sport. Si Ubi Soft n’est pas pour rien dans sa célébrité actuelle, en créant les jeux éponymes, elle n’en reste pas moins synonyme d’amour et de sacrifice envers nos amis les dadas.
Bon. Le jeu, donc. Alexandra Ledermann 2 mon aventure au haras. Sur Nintendo DS. En premier lieu, on peut s’étonner de voir la championne remplacée sur la jaquette par une nénette pas spécialement jolie, au sourire un peu nunuche et qui oublie qu’un cheval, ça se panse sans faire la gourde et en l’attachant, surtout. Moi je dis, si on sortait un JPP ou un Cantona Football Simulation, ça me gonflerait un peu de voir sur la jaquette un type tout droit sorti de l’AS PTT de Vaulx-en-Velin. Mais bon. C’est un détail.
Venons-en au jeu. Cet Alexandra Ledermann 2 a opté pour un graphisme dessiné façon série pour jeune fille de 10 ans. Si effectivement le jeu s’adresse principalement aux gamines de 6 à 12 ans, ici on croirait presque se retrouver dans un épisode de Barbie fait de l’équitation. La série rompt donc totalement avec son public adulte qui trouvera les couleurs un peu trop pétantes, les personnages caricaturaux et sans profondeur et, surtout, les dialogues affligeants. Maintenant, c’est un point de vue adulte… Pour avoir celui d’une gamine, direction le club hippique le plus proche. Et là, le résultat est sans appel : « C’est trop beau, hé ! » « En plus, l’histoire elle est vraiment sympa » « Oh regarde le poney comme il est trop mignon ! » « T’es trop naze, toi, c’est pas un poney, c’est un poulain »… Tandis que le prof duquel je viens de ruiner le cours me regarde d’un œil noir et serrant bien fort sa cravache, je savoure le fait d’être transformé en héros, en une sorte de Père-Noël avant l’heure… Bref, elles sont conquises. Le jeu fait véritablement mouche.
Parce qu’à la base, l’histoire est assez passionnante pour une jeune demoiselle : vous jouez une ancienne championne qui vient d’acheter une fermette. Une fermette avec écuries, bien entendu. Grand-père habite le bled à côté et vous offre un poulain. Avec un voisin ami de la famille qui vous offre un canasson, ça vous fait deux montures à vous occuper. Une troisième viendra plus tard remplir les lieux. Trois chevaux à panser, entraîner, longer, et à transformer en champions, et un poulain à faire grandir. Parce que le beau mec d’à côté de chez papy a une écurie mais des talents de gestionnaire comparables à ceux d’une moule, vous allez reprendre la compet’ pour le tirer d’affaire et surtout, espérer qu’il vous joue l’étalon dans un box, entre deux sauts d’obstacles. Bref tout y est : amour des chevaux, cœur d’artichaut, histoire entre deux êtres réunis autour d’une même passion…
Le jeu est excessivement simple à jouer. Lorsque vous avancez sur l’obstacle, un carré d’appel devient de couleur verte. Il faut alors cliquer avec le stylet pour sauter correctement. De même pour le dressage, il faut reproduire les figures simples qui apparaissent à l’écran, toujours avec le stylet, ou cliquer sur la bonne figure. Cross, CSO, dressage, mais également pansage, nettoyage au jet, curage de pieds, nettoyage de box… tout y est ! Et tout se joue très facilement au stylet. On peut même jouer avec le poulain, ou encore aller à la boutique acheter des équipements pour cheval ou cavalier. Il faut bien gérer également la fatigue du cheval, selon son allure (on fait un trait vers le haut avec le stylet pour accélérer, vers le bas pour ralentir, les flèches marchent également).
Le poulain est défini selon 6 critères : confiance, nourriture, soins, bien-être, dressage et santé, représentés par des étoiles (5 max). Le cheval, lui est défini selon les critères suivants : résistance, saut, habileté et soins. Le multijoueur se limite à leur échange. Des fois que votre amie soit plus douée que vous pour les élever...
On terminera enfin par parler des chevaux. Haflinger, Pur Sang anglais ou arabe, Appaloosa, Akal-Téké, Selle américain, Oldenburg, Andalou, Hanovrien, Selle français sont les races disponibles. Par contre, on ne choisit pas sa robe.
A la base, Alexandra Ledermann 2 sur DS est un jeu très complet, facile à jouer et qui va passionner toutes les petites filles. Vraiment les passionner. Dommage cependant qu’il y ait quelques petits soucis. La navigation d’un endroit à un autre n’est pas spécialement intuitive. Pas compliquée, certes, mais bon, on a vu mieux. Ça encore, on s’en fout un peu, serais-je tenté de dire. Le gros souci vient plutôt du pansage. Totalement foiré, ce mini-jeu semble ne pas avoir de fin. Aucune jeune demoiselle ni moi, d’ailleurs, n’en avons réussi un. Même en pansant pendant des heures. Ce n’est pas spécialement handicapant pour le jeu, mais ça reste frustrant. D’autant que le brossage sur les jambes est mal fait et peu pratique. Cela vient du fait que la zone de brossage est définie par les contours du cheval, en grande partie. Il en est de même pour la réactivité du jeu lors du dressage, à revoir. Il faut attendre que la figure soit passée à l’écran avant de la réaliser au stylet. C’est un poil long. On aurait aimé pouvoir la réaliser dès son apparition et non pas devoir attendre. Ces deux gros défaut, le premier étant le plus handicapant, font de Alexandra Ledermann 2 un jeu mal fini. On aurait également aimé plus de parcours.
Malgré tout, tous ces défauts, s’ils sont pénalisants, n’empêchent pas de jouer. Impossible de récupérer le jeu après l’avoir montré à de jeunes demoiselles. Elles en sont encore une fois cette année, totalement folles. Une réussite, donc. On espère simplement que les développeurs prendront ces remarques en compte : plus de parcours, une meilleure gestion et jouabilité du pansage et peut-être un retour à des graphismes un peu moins petite fille : nous aussi, les adultes, on aime bien les dadas…




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Qu'emmèneriez-vous sur une île déserte ?































