Le plus difficile dans ce métier, surtout quand on le pratique depuis plus d’une dizaine d’années, c’est de trouver encore matière à s’émerveiller devant un jeu. Oh, attention, hein, je ne joue pas les blasés, loin de là. Et ne pas s’émerveiller devant un jeu ne veut pas dire que l’on n’y prend pas du plaisir. Simplement, il faut bien avouer qu’innover n’est pas donné à n’importe quel développeur. Heureusement, de temps en temps, on tombe sur un produit tel que Portal.
Soyons honnête. Avant de prendre le jeu en mains, j’étais terriblement sceptique quant à son intérêt. Moi, ouvrir des portails à droite ou à gauche et m’amuser à traverser une pièce en ne faisant qu’un seul pas me laissait très dubitatif quant à l’intérêt de la chose.
Mais commençons par le commencement. Vous êtes un robot. Enfin, c'est ce que l'on vous dit. Femelle qui plus est. Avec tout ce qu’il faut là où il faut. Des gambettes en acier, des nibards en fer forgé et un petit cul en tôle ondulée. Si j’étais ferrailleur, j’en aurais presque des chaleurs dans le bas-ventre. Vous êtes utilisé par Aperture Science pour tester votre intelligence. Une voix nasillarde vous dicte salle après salle la marche à suivre. Il s’agit de résoudre divers puzzles. Sauf que en tout et pour tout, vous aurez droit à utiliser un appareil créant des portes. Ou des portails, si vous préférez. Le bidule peut en créer deux, des portails. Les deux communiquant l’un avec l’autre, bien entendu. Le bidule peut aussi soulever de petits objets, histoire de les placer sur des interrupteurs et ouvrir des portes. Voilà. Maintenant, bonne chance Jim. Il va falloir mettre en branle vos cellules grises qui jusqu’à aujourd’hui roupillaient.
Au début, c’est assez simple. Créez un portail à un endroit inaccessible, créez le second juste devant vous et hop, le tour est joué. Vous traversez les obstacles sans souci. Pas de quoi vous faire lâcher la barre chocolatée que vous avez dans les mains et que vous mâchouillez distraitement. Les problèmes viendront plus tard… Des billes d’énergie à faire dévier de leur trajectoire, par exemple, pour les faire arriver dans le bon réceptacle. Ouvrir une porte là où elle tape contre le mur, ouvrir la sortie en face du réceptacle… ça devient coton quand les murs sont inclinés ou quand la bille vous arrive en pleine face, vous tuant sur le coup. Il faut savoir également que tous les murs ne peuvent pas recevoir de portails. Il vous faut un bon mur en béton gris. Et quand je dis mur, ce peut-être sol ou plafond, hein. Mais sur tout un tas d’autres surfaces, genre capitonnées, ça ne fonctionne pas. Vous rencontrerez également des droïdes statiques qui ne demandent qu’à vous flinguer. Il faudra vous en débarrasser par tous les moyens. Genre créer un portail sous eux et la sortie au plafond. Fragiles, ils éclateront direct. Ou alors leur lancer un cube par le même moyen. Ou leur faire arriver une bille d’énergie…
Que peut-on dire d’autre sur Portal ? Ah, oui, quand vous passez un portail, vous gardez votre inertie. Autrement dit, si vous créez un portail sur un pan de mur incliné vers le haut et que vous en créez un autre sur une passerelle située à 10 mètres sous vous, vous giclerez du pan de mur à la vitesse de votre chute. Sympa pour sauter haut et loin. Des interrupteurs à main sont également au menu, du genre à ouvrir une porte pendant 5 secondes… de quoi vous demander non seulement de la jugeote, mais également de la rapidité d’action.
Au fur et à mesure des 19 salles, la difficulté s’intensifiera. Autant dire que les deux dernières salles sont particulièrement coton. A la fin, la voix nasillarde vous souhaitera une belle mort tandis qu’une plateforme mouvante vous entraîne dans l’incinérateur. Sauf que bon, clamser dans les flammes, ça ne tente pas trop notre robot… Heureusement, une plateforme surplombe l’incinérateur. Allez, hop, portail… On échappe donc à la destruction pour finalement chercher à s’échapper tout court. Ce sont alors dans les méandres du complexe du laboratoire Aperture Science que vous allez mettre à profit tout ce que vous avez appris au court des différentes salles. Avec au menu, vérins hydrauliques prompts à vous écraser et situations à priori impossibles à résoudre.
On fera un petit paragraphe pour vous parler des différences entre les versions PC et Xbox 360. Globalement, il n'y en a pas. Pour ce qui est du PC, c'est simplement l'intuitivité de la commande à la souris qui fait la différence. Certes, sur le papier, ça ne fait pas une grande différence, mais le gameplay s'en retrouve plus "nerveux" et dans la mesure où dans les bonus certains succès se jugent selon le temps de résolution du problème, on ne s'en plaindra pas. Côté technique, Portal utilisant le moteur source, l'ensemble est d'une très grande fluidité. Pour s'en rendre compte, il suffit de se rappeler que Half Life 2 tournait déjà d'une manière très correcte sur un P4 2,8 Ghz équipé d'une carte graphique GeForce 5700. Seule différence, les textures sont un peu moins laides que celles utilisées dans le jeu d'origine. Bon, il faut dire que du côté des "ennemis" il y a carrément moins de monde... Portal est donc bien moins exigeant qu'Half Life 2, et devrait tourner sur à peu près n'importe quelle machine, à partir du moment où l'ordinateur de jeu n'est pas du genre antédiluvien.
Pour ce qui est de la Xbox, gâchette gauche pour premier portail, droite pour le second, X pour prendre un objet, B pour s'accroupir, A pour sauter. C'est très simple à prendre en mains et plutôt intuitif. Le paddle répond très bien. Bien entendu, côté précision et rapidité d'exécution, ça ne rivalise pas avec le combo souris/clavier. Mais entre nous, ça n'a aucune importance. Si vous avez une 360, n'hésitez pas, cette version est techniquement parfaitement réalisée.
Bref, Portal est un de ces casse-têtes vraiment originaux et qui valent le coup d’œil. Alors oui, graphiquement, ce n’est pas spécialement beau. Les effets de lumière sont sympas mais les textures des liquides et d’ailleurs les textures en général ne pètent pas trois pattes à un canard. Ou alors juste pour le plaisir de le voir souffrir, le canard. Idem pour la durée de vie. Comptez 4/5 ou 6 heures de jeu (un peu plus long sur 360, forcément). Tout en sachant que des packs de cartes supplémentaires devraient voir le jour et qu’une fois le jeu terminé, vous aurez droit à quelques variantes des dites cartes et la possibilité de les jouer en contre-la-montre. Mais bon, le jeu est disponible via deux sources différentes. Si vous achetez Half-Life² Orange Box, il est inclus. C’est comme qui dirait cadeau. Et si vous l’achetez via steam, il vous en coûtera la bagatelle de 20$ US. Soit moins de 15 € (au cours actuel du dollar). Reste à savoir s’il les vaut. A notre avis ? Oui. En plus, la chanson de la fin, c'est beau comme du Fleetwood Mac. En plus rigolo.




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Qu'emmèneriez-vous sur une île déserte ?














































