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.:  Les tests
Sam and Max Saison 1
Vignette Rédigé par
le 12 octobre 2007

Catégorie : Aventure
Plateforme : PC
Editeur : Telltale Games
Développeur : Telltale Games
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Sam and Max…. 20 ans que ces zouaves sont nés d’un cerveau qui, s’il n’était pas malade, avait le mérite d’être dérangé. Sam and Max… Après ces looooongues années d’absence, les voilà de 3D vêtus, prêts à nous faire halluciner avec une kyrielle de phrases à la con comme on en entend de moins en moins par les temps qui courent ! Pour la circonstance, voici un reconditiopnnement des 6 épisodes de la première saison, sortis sur internet il y a une bonne année de cela, tout du moins, en ce qui concerne le premier épisode de cette nouvelle série. Voici donc arrivé le temps de la connerie… Vous savez ? Le truc que Gainsbourg qualifiait de « décontraction de l’intelligence ».

Série noire-carotte

Tout commence dans le bureau bordélique et miteux de Sam et de Max. Nos compères sont en train de faire un concours de tire au 38 spécial sur pomme posée sur boîte crânienne en parfait état de marche, lorsque le téléphone du bureau se fait kidnapper par les rats habitants la cloison du bureau.

Suspens et fromage plus tard, voilà nos deux lascars lancés dans une sombre histoire de vandales qui taguent les murs un peu partout, et qui cherchent à diffuser gratuitement une pile de vidéos cassettes vantant les mérites de la zieutologie, un nouveau moyen de se muscler les orbites, et accessoirement un super moyen de se faire laver le cerveau, version « mère Denis ». L’enquête commence donc pour notre chien policier-costumé d’un mètre quatre-vingt, et pour notre lapin tellement myxomatosé, qu’il en est devenu un psychopathe au comportement violent compulsif.

Tout celà n'est qu'un début, les éléments de l'enquête menée par nos deux grands malades de la police freelance glisse d'un épisode à l'autre, et ce, sur les 6 que composent le jeu dans sa totalité. En vrac, on devra se taper des complots contre Abe Lincoln, des trucs plus ou moins sulfureux avec une MAFIA débile,  ou encore, un pied de nez à Pink Floyd en se promenant sur la face lumineuse de la Lune.



Au début, était le verbe « déconner »

Nous revoilà donc devant notre duo le mieux barré de l’histoire du jeu vidéo, à savoir le chien policier et le lapin fou. Les amoureux de la 2D et les nostalgiques du « old school » risquent d’être heurtés par le passage du duo de barges sous un moteur 3D. Cependant, l’esprit du jeu n’a pas souffert de l’acquisition d’une dimension supplémentaire, et a gardé de solides bases dans la déconnade à fond les tuyaux.

Nos partenaires d’aventures loufoques en ont toujours autant une couche. Le débit de conneries est, à ce stade, assez effroyable, sauf qu’à chaque phrase on se met à pouffer de rire comme des grosses andouilles. Et puis, côté écriture, le moins que l’on puisse dire, c’est que les scénaristes et les personnes chargées des dialogues se sont déchaînées. Ça fait longtemps qu’on n’avait pas vu une telle brochette d’absurdité alignées à la seconde. De mon humble mémoire de testeur, la dernière fois que j’ai été estomaqué devant un tel débit de conneries surréalistes, c’était sur Monkey Island 3, c’est dire si ça remonte (oui, je n’ai pas pu tester tous les jeux qui s’apparentent à un truc débile, d’une part, et oui, Runaway ne fait pas partie de la même catégorie… Si j’ai ri sur Runaway, ce n’est pas pour les mêmes raisons).

Dans Sam and Max Saison 1, on est sans cesse confronté à de l’absurde de grande classe, et à de la non-suggestion succédant à des raisonnements à dormir dehors une nuit de décembre. Rien que de se réclamer d’une police freelance, il fallait tout de même la trouver celle-là ! c’est un coup à faire fantasmer un ex-ministre de l’intérieur pendant plusieurs heures !

Les situations pleines de grands moments de rien se succèdent à un rythme effréné. Ici, on crée du gruyère en tirant à bout portant dans une pile de fromage, là, on procède à des arrestations arbitraires de chauffeur pour défaut de feu arrière après avoir tiré dedans, ici, on se fait psychanalyser pour se faire reconnaître comme fou…. Et ce n'est que le début ! Bref… C’est sans queue ni tête du début à la fin. On se croirait dans la cour de récré d’un asile de fou, et l’avalanche des dialogues et des sous-entendus laisse pantois tellement la frontière de la connerie absurde est poussée loin.

Moteur !

Techniquement, c’est très sain. Le moteur 3D permet d’afficher des graphismes dans des résolutions supérieures, même si l’ensemble ne nécessite pas vraiment de pousser les graphismes à ce point. L’unité graphique, le « style » si vous préférez, est extrêmement cohérent. Le joueur est plongé dans un univers mêlant nos deux héros aux gueules de toon à des personnages tellement humains qu’ils en deviennent absurdes dans leur propre parano (les passages avec Bosco, le vendeur, sont un grand moment de n’importe quoi).

Et puis, histoire de varier les plaisirs, les développeurs se sont autorisés des phases de jeu « en voiture » dans lesquelles le joueur peut se permettre d’interagir avec des éléments de jeu d’une manière plus dynamique avec son environnement. Certes, ça reste d’un gameplay complètement plat, et presque vide, mais dans la mesure où nos deux héros continuent à sortir des conneries trois fois plus grosses qu’eux, on ne se prive pas de faire durer le plaisir en faisant n’importe quoi. C’est super con, mais c’est super bon ! En plus, graphiquement, c’est aussi joli que bien fait… on ne va pas bouder notre plaisir.

Reste l’autre pilier principal qui fait tenir le jeu, et ce, malgré le fait qu’il soit invisible, puisqu’il concerne uniquement la bande son. D’une part, les personnages sont doublés en français avec une très grande conviction. Rarement un doublage en français a été aussi bien joué avec tant de conviction. C’est du très grand boulot d’acteur, et ça mérite le lever de chapeau et les applaudissements. D’autre part, nous avons droit à une musique du jeu absolument remarquable, pour peu qu’on apprécie le genre de blues qui traîne toujours en fond sonore dans n’importe quelle série noire qui se respecte. D’ailleurs, dans le CD, on peut les trouver compressées au format MP3, ce qui rajoute une cerise bien barrée à ce gâteau de fou.

À ce stade, on ne se privera pas de se faire péter la panse !

Mon ami le débile
Bon, évidemment, Sam and Max Saison 1 est un jeu d’aventure avant tout. Il faut donc apprécier le concept qui consiste à essayer d’interagir autour de soi avec une panoplie d’objets présents dans son inventaire, en priant que ça marche. Il y a même des fois où l’on se demande « pourquoi ça marche pas ? » Mais bon, ça fait partie du genre… En achetant le jeu, on est donc prévenu, que ceux qui n’apprécient pas passent leur chemin, ils seront de toute façon déçus.

Côté déception, il y a quelques grains de sables qui viennent enquiquiner la mécanique de cette grosse foire à la déconne qu’est Sam and Max Saison 1. Primo, on regrette que les sous-titrages nous glissent quelques coquilles… Bon, là, généralement, on colle une icône de maître Capello, mais bon… C’est vrai que ces coquilles, ça fait un peu négligé… Autre regret, on « déplore » le fait que chacune des intrigues ne se limite qu’à un tableau… Contrairement à un Monkey Island 3 ou à un « Disc World », les éléments pouvant résoudre telle ou telle énigme sont généralement présents dans le lieu où elle se situe… Bref, ça mâche un peu le travail, et ça enlève pas mal d’occasions de glisser encore plus de conneries dans l’ensemble.

Le point le plus noir réside dans le fait que la narration n'est pas fluide d'un épisode à l'autre. On termine le premier au bout d'une après-midi, puis on se tape un générique de fin. Arrivé au deuxième épisode, on se mange encore un nouveau générique débile, et c'est reparti mon kiki ! Certes, ce choix de narration peut se justifier, en guise de gros clin-d'oeil à des séries policières d'outre-Atlantique... Mais bon... On aurait voulu pouvoir glisser d'un épisode à un autre d'une manière moins abrupte.

Quoi qu’il en soit, on peut dire que grâce à Sam and Max Saison 1 le jeu d’aventure n’est pas mort, et qu’il a encore de beaux jours devant lui… Tout dépend du potentiel de conneries que sont capables de pondre les créateurs de cette série déjantée… Nous, on a raffolé de ce festival de cons… Et dit comme ça, c’est un compliment.



Configuration minimum :
P4 1,5 GHz, 256 Mo de Ram, Carte Graphique 32 Mo, lecteur DVD
Configuration recommandée :
P4 1,5 GHz, 256 Mo de Ram, Carte Graphique 32 Mo, lecteur DVD
Note graphisme :
note : 9 /10
Quelle cohérence ! non content d'avoir réussi le passage de la 2D vers la 3D l'ensemble graphique a un propos toon très assumé, bien délire, et bien dégénéré par la même occasion.
Note intérêt :
note : 8 /10
Jeu d'aventure peut-être, mais quel jeu d'aventure ! Si les outils propres au genre sont ici exploités d'une manière basique, il faut voir la nature de l'histoire qu'ils servent. C'est du grand n'importe quoi, et traité avec soin, s'il vous plait !
Note jouabilité :
note : 7 /10
L'ergonomie du jeu est victime de son genre. C'est certes bien fait, mais ça reste d'un classique absolu. En dehors des passages dans lesquels on se retrouve dans un véhicule, il n'y a pas vraiment de quoi tomber par terre
Note finale :
note : 9 /10
S'il faut avoir un jeu d'aventure, en ce moment, c'est assurément Sam and Max Saison 1. C'est juste un grand moment de connerie qui assume ses propos, et qui soulage tellement il est bon de se retrouver devant un jeu au propos aussi mal-politiquement correct. Du grand bonheur plein de cynisme et d'humour grinçant.