Nous avons « enfin » reçu Fifa 08 et c’est donc avec un plaisir non dissimulé que nous le passons au crible. Plaisir non dissimulé tout simplement parce que je dois avouer avoir un faible pour la série. N’en déplaise à certains (à beaucoup, à mon avis), j’ai grosso modo toujours préféré les Fifa aux PES, par exemple. Et ne me blâmez pas trop vite : la France est un des très rares pays dans lequel PES se vend mieux. Quoi qu’il en soit, c’est un choix personnel que j’assume pleinement. J’ai toujours préféré le côté arcade de Fifa à celui simulation de PES. Et même si les différences s’estompent au fur et à mesure des versions, même si depuis PES 5, j’ai sans doute plus penché vers Konami que Electronic Arts, j’ai toujours gardé une petite place dans mon cœur pour la série Fifa.
Bref, Fifa 08 est là et je m’en réjouis. D’autant plus que tout le monde s’accorde à dire qu’il est d’excellente cuvée. Le temps de glisser la galette dans la Xbox 360, un court chargement et ça y est. Je vais pouvoir vous donner mon avis.
Bon déjà, point de vue menu, j’ai toujours un peu de mal. Abondance de bien nuit, à mon avis, à la lisibilité. D’autant plus que ces menus sont assez petits. Mais bon, c’est un avis personnel et ce n’est de toute façon pas rédhibitoire. Fifa, c’est la totale question possibilités offertes aux joueurs. On trouve un mode exhibition (match simple), un mode entraînement (plusieurs choix offerts), un mode compétition (jouer toute une saison), créer une compétition (saison normale ou par poules), un mode carrière, un mode fiesta et un mode défi. On peut en plus créer ses équipes, ses joueurs, modifier, transférer… bref c’est non seulement complet mais surtout malléable à loisir. Petit bémol toutefois… La création d’un joueur. Pour permettre d’assister à son développement sur plusieurs saisons dans le mode carrière, toute création est limitée par un nombre défini de points à distribuer. Pénible. Enfin moi j’ai horreur de ça et entre nous, ça gâche mon plaisir.
Reste que Fifa, c’est le jeu de foot le plus complet. On y retrouve les vraies équipes et les vrais joueurs des deux premières divisions de la ligue française, italienne, allemande, anglaise et espagnole. On trouve les premières divisions des ligues américaine, mexicaine, norvégienne, hollandaise, polonaise, portugaise, tchèque, suédoise, suisse, turque, australienne, autrichienne, belge, brésilienne, coréenne (Sud), danoise, écossaise, irlandaise… sans parler des équipes nationales (une quarantaine) et d’équipes dites du reste du monde, une vingtaine, avec parmi elles l’AEK Athènes, l’Olympiakos, Boca Junior, River Plate ou encore une sélection mondiale et un XI de Légende. Notez que dans ce XI de Légende, on retrouve des joueurs cultes tels que Zico, Boniek, Cantona, Koeman, Voller, Trésor, Beckenbauer, Papin, Abedi Pelé, Baresi ou Brehme. Les anciens apprécieront. Bon, pour être honnête, par contre, graphiquement, les joueurs censés les incarner n’y ressemblent que de loin… de très loin… et on ne retrouve ni l’agilité de JPP ni la démarche si particulière de Canto… Plaisant pour les noms, certes, mais ratage niveau yeux, donc.
Bon. On passera sur les options matches, à savoir que oui, on peut changer les tactiques, définir tout un tas de choses pour rendre votre équipe plus ou moins performante, plus ou moins encline à attaquer ou défendre… Rien que du très naturel, quoi.
Maintenant, qu’est-ce que le jeu vaut, manette en mains et baballe virtuelle au pied ?
Graphiquement, pas de doute, EA a réussi le virage de la next-gen. C’est beau, les joueurs, quoi qu’ayant un peu trop l’aspect « plastique » sont bien animés, beaux, très détaillés, et le public n’est pas un gros amas de pixels immondes. C’est indéniablement – et de loin – le plus beau jeu de foot ayant jamais existé. Reste que tout n’est pas parfait dans le meilleur des mondes. On note une certaine lourdeur dans les joueurs. En fait, on a l’impression de diriger des mastodontes de 15 tonnes et non pas des sportifs professionnels. Bien entendu, on compare forcément à la concurrence… Et force est de constater que oui, il y a dans Fifa une lourdeur extrême, assez déplaisante, qui en plus ralenti le match. Ça manque de nervosité. Les personnages ont un peu l’air de glisser sur le terrain, à certains moments, et les frappes sont également lourdes : oubliez les tirs tendus, rapides, puissants… après de très nombreuses heures de jeu, en solo ou à plusieurs, elles ont été extrêmement rares. On s’alarmera sur d’autres choses : l’IA des gardiens, à revoir d’urgence. Les sorties sont non seulement hasardeuses, mais en plus ils oublient de boucher leurs angles ou alors attendent le ballon à la fin de sa course sans anticiper son mouvement ou se porte à sa rencontre… résultat, les interceptions vont bon train. Mieux encore… à plusieurs reprises, en pleine surface, mon gardien a préféré dégager un centre… de la tête… plutôt que d’utiliser ses mains. Manchot, va. L’IA des joueurs n’est pas en reste. Si leur placement sur le terrain est très honnête, ils oublient régulièrement de se pousser si vous allez vers eux et deux joueurs qui se percutent, ça donne deux joueurs à terre et un ballon perdu. Et les coups-francs, aussi. Il faut en parler. S’il vous faudra un temps certain et une bonne dextérité pour les marquer, vos adversaires, eux, ont tendance à systématiquement les mettre au fond des cages. Pénible. On terminera par parler de certains ralentissements, nombreux et fréquents, durant les matches. Pour finir sur l’arbitrage. Autant on s’est souvent plein de sa sévérité… autant là, les arbitres ont sérieusement de la merde dans les yeux. Tacles appuyés, joueurs balancés ou poussés… ils ont reçu des ordres pour ne pas trop utiliser leur sifflet, histoire qu’il leur fasse plusieurs décennies ou quoi ? Un laxisme plus amusant qu’agaçant quand on joue à plusieurs, mais franchement casse-pieds contre l’IA.
Alors, Fifa 08, mauvais ? Non. Je n’ai pas dit ça. J’ai juste cité les défauts. Et qui sont pour certains vraiment handicapants pour le jeu. Mais malgré tout ça, malgré le fait que le jeu présente vraiment une certaine lourdeur et une physique de balle pas aussi parfaite que son principal concurrent, PES, Fifa 08 est une très bonne cuvée. On maîtrise rapidement le match. Là où PES se démarque par sa nervosité et demande réflexes et sens inné du jeu, Fifa permet de bien poser son jeu, de prendre son temps et de mieux maîtriser les tactiques. Oubliez toutefois les dribbles, très difficiles à faire. Mais globalement, la magie opère encore. On enchaîne les parties avec plaisir. Les sensations sont là. La beauté du jeu aidant à s’immerger dans les matches. On râle souvent, on crie de joie parfois, mais on est dedans. Et c’est tout ce qui compte. Oublions les commentaires, parfois en retard ou à côté de la plaque. Ils ne sont globalement pas si mauvais que ça. On parlera par contre du jeu à 4 sur une seule console ou à 8 en ligne. On pourra créer un championnat en ligne, d’ailleurs. On pourra également participer à la désormais célèbre Ligue Interactive qui permet aux fans de jouer leur équipe selon le vrai calendrier. La totalité des matches est prise en compte et au final, les points sont attribués aux équipes dont les fans ont gagné le plus de matches. Sympa.




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