Une colombe, c’est quand même vachement plus classe qu’un pigeon, moi je dis. Même blanc, le pigeon. Une colombe, ça s’envole majestueusement un rameau d’olivier dans le bec. Un pigeon, ça colle des fientes en pagaille sur les têtes des statues. Une colombe, c’est symbole de paix et d’amour. Un pigeon, c’est symbole de petite vieille esseulée qui vient lui jeter des graines, assise sur un banc. Bref, une colombe, c’est beau. Alors qu’un pigeon, c’est con. Et pourtant, entre nous, ce sont deux saletés de piafs, tous deux de la même famille des Columbinae qui plus est.
Et la Colombe, c’est John Woo. Parce qu’une envolée de pigeons, ce serait quand même moins majestueux. Et aussi qu’on en voit tous les jours dans les villes, d’où son intérêt nettement moins prononcé. Réalisateur chinois, John Woo a livré quelques monuments du cinéma de Honk-Kong et d’Hollywood. On citera pêle-mêle The Killer (1989), Le Syndicat du Crime (1986), Une balle dans la tête (1990), Volte-Face (1997), Mission Impossible II (2000) ou encore Windtalkers (2002). Et dans tous ses films, John Woo nous colle des pigeons. Enfin, non, des colombes.
Je ne sais pas si Chow Yun Fat aime les pigeons. Ni les piafs en général. Chow Yun Fat est un acteur honk-kongais qui, après une brillante carrière dans son pays d’origine, s’est exporté plus difficilement chez nos amis ricains. On le retrouve toutefois dans Tigre et Dragon (2000) ou encore Pirates des Caraïbes 3 (2007).
Chow Yun Fat et John Woo ont collaboré sur de nombreux films. Le Syndicat du crime (1986), sa suite (1987), The Killer (1989) ou encore Les Associés (1991). Toutefois, la collaboration qui nous intéresse ici, et non des moindres, est l’excellent film A toute épreuve, réalisé en 1992. L’histoire est celle de Tequila, jeune flic tête brûlée, qui décide de mener l’enquête sur la mort de son ami.
John Woo était attiré par le jeu vidéo et voulait y poser sa patte. C’est désormais chose faite avec Stranglehold. Stranglehold, c’est la suite de A toute épreuve. John Woo réalise, Chow Yun Fat interprète. Le réalisateur a en effet supervisé toute la production. Il s’est chargé du scénario, mais également de définir les prises de vue lors des cinématiques, et de gérer l’aspect esthétique du film. Chow Yun Fat, lui, a donné de sa personne puisqu’il a été modélisé.
Stranglehold, c’est l’histoire de l’inspecteur Tequila. Toujours aussi tête brûlée, il décide d’enquêter une nouvelle fois sur la mort d’un flic. Le tout sur fond de guerre des gangs et d’ex-petite amie retrouvée avec surprise à la clef. L’avait qu’à utiliser un moyen de contraception, tiens. Bref, une sorte de copier-coller du film, censé se dérouler plusieurs années après. Pour être tout à fait sincère, le scénario n’est pas forcément le point fort du jeu. Il est certes plus évolué qu’un nombre incalculable d’autres réalisations vidéoludiques, mais n’est tout de même pas très recherché. Vengeances, chantage, trahison : rien que du très classique. L’autre souci, et non des moindres, est que ce qui aurait pu être un monstre de mélange film/jeu vidéo est plombé par des scènes cinématiques à la réalisation technique calamiteuse. Personnages aux expressions peu convaincantes et doublage, certes de qualité dans l’intonation, mais qui est en décalage fréquent avec les mouvements des lèvres. Pas de quoi s’extasier, donc, et plutôt une petite déception : c’est John Woo, quand même. Ils auraient pu faire un effort.
Plus qu’un jeu d’action, Stranglehold est un shoot. Un simple shoot. Vous dirigez Tequila et devez dézinguer un nombre incalculable d’ennemis. Pour ce faire, vous pourrez utiliser quelques armes : flingues, un seul ou un dans chaque main, pistolets mitrailleurs, avec également la possibilité d’en avoir un dans chaque main, fusil à pompe, lance-roquettes (rare) ou fusil mitrailleur (2 modèles). Finalement, c’est assez peu. Même en rajoutant les grenades ou le « pistolet d’or » à la puissance décuplée. L’originalité du titre vient dans le fait qu’il use et abuse des ralentis. Le fameux « bullet time » ici appelé « Tequila Time ». Le temps se ralentit et vous shootez avec précision les affreux qui tentent de vous plomber. Ce Tequila Time, vous allez vous en servir tout le temps, d'autant plus qu'il est défini par une jauge qui se recharge très vite durant les moments où vous ne vous en servez pas... Autrement dit, une fois vide, il suffit de se planquer derrière un obstacle pour voir la jauge rapidement se remplir.
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