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Les super héros se prennent-ils trop au sérieux ? La question mérite réellement d’être posée. Alors oui, Superman se trimballe avec un slip par-dessus ses collants. Mais n’est-ce pas simplement l’inculture vestimentaire d’un plouc plus habitué à déambuler en salopette bleue pour arracher les navets ? Et puis l’avez-vous seulement une fois vu rire ? Batman s’est-il déjà tapé sur le bide à se « soulager » dans ses pantalons au lieu de se la péter avec son masque en cuir version Sex Shop de bas étage qu’il n'a même pas la boule rouge dans la bouche et la cravache pour se faire fouetter l’arrière-train ? Spiderman souffre-t-il, en raison de son costume ultra moulant, d’une compression testiculaire et qui l’empêcherait de faire de bonne grosse blagues du genre entoiler un youki à sa mémère qui fait ses besoins sur le trottoir au lieu du caniveau ?
Dans le monde de Crackdown, ce n’est pas mieux. Mais bon, il faut dire qu’il n’y a pas de quoi rire tous les jours. Le crime organisé a la mainmise sur la ville. 3 chefs se partagent ainsi le gâteau, faisant régner la terreur. C’est pour rétablir l’ordre que l’Agence a été créée. Et la main armée de l’Agence, ce sont les Agents. Superflics génétiquement modifiés, ils ont réussi à passer entre les mailles de José et de ses faucheurs. Ces Agents ont des capacités surdéveloppées. Outre une résistance hors norme aux agressions physiques (ce qui inclut les balles), ils ont des talents inouïs en agilité, conduite, explosifs, force et tir. Grosso modo, même pas peur de faire des bonds de 10 mètres, de soulever des voitures et de les lancer à l’autre bout de la rue, ou de shooter un moustique porteur du chikungunya à 500 mètres de distance. Mieux encore, même pas peur de mourir. En cas de destruction corporelle, l’esprit est réimplanté immédiatement dans un nouveau corps, sorte de clone à l’identique qui bénéficie qui plus est de l’expérience déjà acquise pas son prédécesseur. Y’a pas à dire, la science du futur, c’est chouette. Sauf que je serais prêt à parier qu’ils n’ont toujours pas trouvé de recette miracle pour soigner efficacement et rapidement un ongle incarné. C’est bien la peine de vous rendre immortel si c’est pour souffrir le martyr, moi je vous dis.
Il faut toutefois relativiser vos super pouvoirs : vous commencerez en bas de l’échelle, à faire des bonds de 5 mètres à peine (la hooooonte !), à shooter approximativement les ratiches alors que vous visiez le pied et à conduire comme un manche à balais. Il vous faudra, pour progresser, acquérir des points d’expériences matérialisés sous la forme de bonus lumineux. Ils seront soit disséminés dans la ville, soit récupérés sur les cadavres pourrissants de vos ennemis. Et des cadavres d’ennemis, il y en aura : la ville grouille de malfrats en tout genre qui dégainent la pétoire dès qu’ils vous aperçoivent. Au milieu de tout ça, il faudra éviter de faire trop de dommages collatéraux : les passants, si vous les flinguez ou les écrasez en trop grand nombre, vous transformerons en hors la loi poursuivi également par les forces de l’ordre.La ville est relativement énorme et se parcourt sans chargement. Les seules coupures viendront finalement des morts qui vous renverront soit dans votre QG, situé en plein centre de la cité, ou dans un point de ravitaillement. Ces points de ravitaillement sont disséminés un peu partout. Ils vous permettent de ressusciter plus proche de votre but et de vous réarmer. Ces points seront à conquérir au fur et à mesure.
Globalement, sur le papier, Crackdown a de quoi exciter. Une bonne grosse ville dans laquelle vous allez sauter sur les toits d’immeubles, balancer des bagnoles, flinguer des ennemis avec tout un tas d’armes (fusils à pompe, mitrailleuses, lance roquettes, flingues… etc.) dont certaines ramassées sur le corps encore fumant de vos cibles, aller buter des sous-chefs à la pelle et tous défendus par des ordres de sbires, avant de vous attaquer au big boss… Un jeu bien bourrin, en somme, comme on les aime. Et vous offrant également une énorme liberté puisque, grosso modo, vous pourrez faire ce que vous voulez quand vous le voulez. Graphiquement, sans atteindre des sommets, c’est quand même assez réussi. C’est un univers très « Comic », très coloré, comme si Captain America ou Wonder Woman allaient débarquer en robe de chambre pour vous demander ce que c’est que ce bazar et si c’est pas bientôt fini de faire du bruit ils essayent de prendre leur petit dej dans le calme avant d’aller vous prêter main forte pour latter les méchants. Idem pour la jouabilité. La prise en main est immédiate et excessivement simple.
Seulement voilà, un jeu techniquement réussi ne fait pas un jeu totalement réussi pour autant. La faute à une lassitude qui intervient extrêmement vite. Car à part tuer des méchants ou participer à des courses en bagnole, rien de bien croustillant à se mettre sous la dent : pas de mission annexe. Pas de chien à buter pour le plaisir. De petite vieille à détrousser juste pour rire. Pas de jeune demoiselle à trousser parce que bon, tout super héros que vous êtes, vous avez de la testostérone à revendre. Rien. Quedchi. Que dalle. Autres reproches, l’absence de deux roues. Vous aurez bien droit à une voiture de sport, un 4X4 et un camion fournis par votre agence (et qui deviendront plus rapides et plus robustes au fur et à mesure de votre gain d’expérience) et d’autres véhicules dans la ville, mais c’est tout. Même pas un vélo ou une trottinette. Niveau IA ce n’est pas non plus la panacée. Mais bon, comme c’est un shoot qui privilégie la quantité et non pas la qualité, à la rigueur, ce n’est pas trop grave. Notez aussi que le jeu est dispo en multijoueur à deux, via liaison multiconsole ou XBox live, en mode coopératif.Note graphisme :

Le traitement graphique, limite Comic Americain, n'est pas déplaisant. Ce n'est pas non plus des textures à tomber par terre et une animation extraordinaire, mais ça a un charme et une ambiance plutôt plaisants.
Note intérêt :

Une ville ouverte, aucun temps de chargement, un héros aux super pouvoirs, des méchants à foison... sur le papier, le jeu jouit d'un intérêt certain.
Note jouabilité :

Excessivement facile à prendre en main, ne demandant pas de retenir cents combinaisons tortueuses, bref, intuitif.
Note finale :

Vraiment dommage que Crackdown n'offre pas plus de contenu et se contente de vous filer des missions de dégommage intense ou de conduite dans la ville. Répétitif et lassant alors qu'il aurait pu devenir culte. Cela reste tout de même un bon jeu de shoot.
Avis des INpactiens (1) :
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