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Après vous avoir servi hier le test de Call of Duty 3 et encensé sa performance cinématographique et mis en avant sa mise en scène hollywoodienne, permettez que je vous replonge à nouveau dans les salles obscures de cinéma. Qu’on le veuille ou non, certains marchés sont intimement liés. Non pas en termes économiques, mais en termes de création, de réalisation, de plaisir. Ainsi, et vous l’aurez sans doute remarqué sur INpact Virtuel, il nous a semblé totalement impossible de parler jeu vidéo sans parler cinéma. C’est pourquoi vous retrouvez parfois dans nos colonnes les dernières bandes annonces ou la vie des stars, comme Uwe Boll, même si le mot star n’est pour le coup pas forcément le mieux choisi.Gears of War est sans nul doute le jeu le plus attendu de l’année sur XBox 360 et, plus qu’un jeu, c’est une plongée dans un film de science-fiction que vous allez vivre. Attention toutefois, ceux qui s’attendent à un jeu révolutionnaire seront déçus. Gears of War, c’est du déjà vu, du pompé çà et là, du réchauffé d’un peu partout. Seulement à défaut d’être totalement novateur, il est tout simplement excellent et ce qu’il emprunte à d’autres titres, il le sublime et marie les saveurs pour d’un simple jambon beurre vous faire un festin digne d’un 3 étoiles au Michelin.
En ce qui concerne le scénario, les développeurs ne se sont pas foulés. Les gentils contre les méchants, les terriens contre les aliens. Et ces aliens ont une forte odeur de déjà vu : à l’instar des Morlocks, créatures souterraines de H. G. Wells et de son sublime roman « La machine à explorer le temps », les Locustes vivent dans les entrailles de la Terre où les Humains les ont repoussées il y a déjà longtemps. Comme les Morlocks, les Locustes surgissent du sol, armes en mains, bave à la bouche, haine au fond des yeux. Et le nom de Locuste n’a pas été choisi au hasard : à l’instar des sauterelles (locust, en anglais, c’est sauterelle…), ils arrivent en nombre et vont tout dévaster sur leur passage, à en faire passer les fléaux bibliques pour une simple attraction chez Eurodisney. Face aux Locustes, les Marines (prononcez « meurine-dz »). Bon, déjà, on peut vous dire que ces « meurine-dz » n’ont rien de réaliste puisqu’ils ne crient pas « fuck fuck » à tout bout de champ et qu’ils ne s’entretuent pas par erreur parce que, bon, pas eu le temps de s’entraîner… Non, ici, ce sont des soldats d’élite qui sont loin d’avoir des gueules de porte-bonheur. Dégaines et tronches qui font plus penser à des mercenaires, nos amis les « meurine-dz » vont charcler du Locuste pour en faire une fricassée.
Après un tutorial aussi rapide qu’une étreinte chez un éjaculateur précoce, le jeu vous plonge directement en plein affrontement, à se demander si on n’a pas raté un bout de l’intro tellement ça a été vite. Et vous voilà au cœur de l’enfer, même si j’ai personnellement un doute sur le fait que l’enfer soit aussi sauvage. Je vous dirai, j’ai rendez-vous la semaine prochaine. Et c’est au milieu de décors ravagés, des monuments en partie écroulés, des façades éventrées, des carcasses de voiture, de la poussière et de l’obscurité d’une terre agonisante que vous allez progresser. Ou du moins tenter de progresser. Car les Locustes sont partout. Et ils vous attendent. C’est pas à pas que vous allez reconquérir le terrain, pour tenter d’aller rejoindre un escadron en possession d’une arme ultime qui pourrait bien mettre un terme à la guerre (comprenez niquer les Locustes une bonne fois pour toute), escadron qui n’a pas donné signe de vie depuis trop longtemps déjà…Plus qu’un jeu bourrin où ça sent la sueur et où l’air est surchargé de testostérone, Gears of War vous fait avancer à couvert, de pierre en pilier, de mur en abri de fortune. Contourner l’adversaire est souvent un bon moyen de le mettre hors d’état de nuire et charger l’ennemi se résume finalement à courir vers une mort certaine. Si le rythme d’avancée est lent, rapport au fait que vous deviez progresser à couvert, les combats sont d’une violence monstre, les armes surchauffent et les balles éclatent tout autour de vous. C’est d’une intensité énorme, c’est furieux… on en ressort totalement vidé, lessivé…
L’immersion est énorme, on plonge tête baissée dans l’affrontement, et on garde justement la tête baissée tout au long du jeu pour éviter qu’elle ne rencontre par erreur une balle. Cette immersion est d’ailleurs renforcée par une prise en main totalement intuitive et excellemment aisée. Roulades, sprints, se planquer, flinguer à tout va… tout se fait de manière presque naturelle. On peut même noter la petite nouveauté en la matière, à savoir la possibilité de recharger plus rapidement son arme : à chaque recharge, une jauge de temps apparaît, si vous appuyez au bon moment, vous gagnez de précieuses secondes. Si vous ratez votre coup, par contre, c’est l’inverse : l’arme s’enraye et vous voilà dans la mouise pendant de trop longues secondes… À ce propos, vous aurez la possibilité d’utiliser un flingue, une mitrailleuse qui fait aussi office de tronçonneuse au corps à corps, un fusil à pompe, des grenades, un arc laser qui ne fonctionne qu’en extérieur et par ciel dégagé, à utiliser principalement contre les big boss. Graphiquement, c’est la claque. C’est somptueux. C’est magnifique. La 360 crache ce qu’elle a de meilleur pour un rendu impressionnant. Ce rendu, tout comme l’immersion dans le jeu d’ailleurs, est souligné par la caméra, tantôt à l’épaule, tantôt au bassin, à en croire que le caméraman est plongé dans cet enfer et vous suit péniblement. On entendrait presque ses pleurs de peur tandis que l’affrontement bat son plein tellement on y croit et qu’on est dedans.
Le multijoueur est également l’un des points fort du titre. En coopération à deux, pour refaire le jeu, ou en affrontement multi jusqu’à 8 sur le live, il se montre nettement moins bourrin et plus subtil. Il faut avancer à couvert, contourner les positions ennemies, faire preuve d’une tactique que l’on ne retrouve pas forcément dans le jeu solo. L’entente de l’équipe est primordiale. Trois modes de jeux sont disponibles. Dans War Zone et Execution, il faut éliminer l’équipe adverse, tout en sachant que d’une, vous pouvez ranimer vos coéquipiers tombés au champ d’honneur si vous êtes assez rapide (comme dans le jeu solo, d’ailleurs). Et de deux, que dans le mode Execution, pour finir un adversaire, il faudra forcément en passer par la case tronçonneuse dans les gencives ou tout du moins le finir à la main. Le mode Assassinat, lui, oblige à abattre le capitaine de l’équipe ennemie.
Encore une fois, il ne faudra retenir que le plaisir du jeu. Et il est immense. Car même les défauts du jeu, défauts qui ne sont pas absents et sont importants pour certains, n’arrivent pas à ternir l’enthousiasme. Même si la durée de vie du jeu tape dans les 10 heures seulement en solo, même s’il y a trop peu de cartes (pour l’instant) sur le live, même si l’IA de ses coéquipiers est largement perfectible, même si les ennemis ne sont pas variés, même si l’action elle-même n’est pas variée, même si le tout semble avoir été réalisé par Uwe Boll tellement on a l'impression que c'est une série B, on prend un pied monstrueux dans ce Gear of Wars. Vraiment. Vraiment vraiment vraiment. Et franchement, c’est tout ce qui compte.Au final, quoi qu’il advienne, Gears of War sera dans votre ludothèque. Avoir une XBox 360 et ne pas s’offrir le jeu paraît totalement impensable. C’est certainement le meilleur titre sur cette console. Maintenant, reste à savoir si le jeu mériterait tout simplement l’achat d’une XBox 360 pour ceux qui n’en ont pas. Et là, j’aurais tendance à dire oui. Parce que même si le jeu est court, même s’il n’a rien de révolutionnaire en soi, il est tellement intense, c’est un tel concentré d’adrénaline et de plaisir que passer à côté serait sans nul doute un manque dans l’expérience de tout joueur. Enfin, on espère bien vite une suite, en se disant qu'Epic pourrait peut-être prendre conseil chez de vrais réalisateurs de film, histoire de ficeler tout cela de façon plus agréable et d'offrir le jeu ultime.
Note graphisme :

Totalement sublime, le graphisme de Gears of War est une petite merveille. La ville détruite, les intérieurs ravagés, le chaos ambiant... et l'animation des personnages est une réussite totale. Autrement dit, la claque !
Note intérêt :

Doté d'un scénario bâteau, le jeu ressasse une nouvelle fois l'affrontement entre humains et aliens... reste que pour une fois, ils ne viennent pas du ciel mais de la terre.
Note jouabilité :

La jouabilité du titre est pour beaucoup dans son appréciation : c'est super intuitif, super simple à prendre en main... ce n'est plus une manette que vous avez entre les doigts, c'est une extension de vous-même.
Note finale :

Malgré tous ses petits défauts, malgré une campagne solo bien trop courte tellement c'est bon, Gears of War est la preuve ultime qu'un jeu loin d'être novateur peut être une petite bombe atomique à faire passer Mururoa pour un pétard du 14 juillet. C'est beau, c'est furieux, c'est d'une violence inouïe et jouissive, c'est tout simplement un jeu qui va vous couper le souffle. Vivement la suite.
Avis des INpactiens (8) :
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