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Mass Effect : premières impressions
Vignette Rédigé par le 17 septembre 2007

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C’est en cours de semaine dernière que Microsoft a eu la délicate attention d’organiser une petite sauterie durant laquelle nous a été présenté Mass Effect sur Xbox 360. Mass Effect… Ces deux noms communs anglophones sonnent dans notre tête comme un immense carillon, celui-là même qui de sa voix grave, et de son timbre chaud, nous rappelle qu’il va y avoir du lourd en matière de jeu de rôle… Normal, derrière Mass Effect, il y a surtout Bioware… Vous savez ? Les mecs qui ont l’habitude d’agréablement nous surprendre.

Un bout d’infini
Dans un futur très lointain, l’homme arrive à voyager en un rien de temps à travers la galaxie tout entière. Il s’installe dans nombre de colonies, et arrive même à faire connaissance avec des races extraterrestres, et ce, d’une manière plus pacifique que ce dont on aurait pu s’attendre. Certes, des conflits persistent, çà et là, entre les espèces, mais à l’échelle de la galaxie, les guerres ne sont pas si fréquentes, la sagesse universelle suggérant que l’espace est assez vaste pour accueillir tout le monde.

Reste que certains mystères alimentent toujours autant les convoitises, et les goûts très prononcés du pouvoir absolu. Ainsi, si on se souvient que dans un lointain passé, en l’an 2148, sur Mars, l’homme a découvert le phénomène « Mass Effect », capable de soumettre à la volonté de quiconque l’essence même du continuum spatio-temporel. La « Mass Effect » se fait convoiter… Même que ça serait une arme redoutable. Même qu’il y a des méchants qui aimeraient bien reformater la galaxie selon leurs désirs, qui risqueraient de devenir très vite désordre.

Shepard, simple flic
Le joueur est invité à incarner un, ou une, certain(e) Shepard. Cet être humain est soit prédéfini, et à défaut masculin, dès le début de l’aventure, ou peut être complètement dessiné par le joueur, selon ses préférences sexuelles, plastiques, et vestimentaires. Tout peut être redéfini, jusqu’au nom du personnage qui n’est finalement pas obligatoire. C’est un peu comme dans Fallout, sauf qu’ici on tourne sous un très puissant moteur 3D qui arrache correctement à l’écran.

Le génériquement nommé Shepard est une sorte de super agent, Marshall-guerrier-enquêteur des temps futurs chargé par les plus hautes autorités d'enquêter sur tout ce qui est plus ou moins louche dans la galaxie. Ce super agent qui, selon les désirs du joueur peut aussi bien être un représentant du beau sexe, peut décliner ses talents selon 6 classes différentes. 3 « brutes de décoffrage », à savoir Soldat, Ingénieur, ou Agent Psion, et trois autres déclinées de ces dernières, Soldat Ingénieur, Soldat Psion, ou Ingénieur Psion. Il va sans dire qu’à partir de ces classes, on peut tout de même varier les plaisirs, le background du personnage lui permettant de la jouer brutale, ou de la jouer finaude. Reste que c’est du grand classique en matière de création de personnage, et que si le joueur se trouve contraint de jouer un personnage faisant partie du corps armé des plus hautes autorités galactiques, c’est pour une très simple raison : ne se promène lourdement armé pas dans l’univers qui veut. Il fallait donc de la cohérence avec le background général du jeu.

Temps réel

Petite nouveauté dans le monde du jeu de rôle selon BioWare, Mass Effect s’amuse à tout gérer en temps réel. Et quand on dit « tout », c’est absolument tout. Ça va de la narration jusqu’au combat.. Certes, l’exception réside dans les dialogues qui demandent toujours un certain temps d’attente le temps que le joueur lise toutes les réponses qu’il peut donner, mais pour le reste, c’est vraiment du temps réel de chez temps réel.

Évidemment, certains nous dirons que même pour Knight of the Old Republic, on pouvait utiliser un temps réel pour la gestion des combats, mais dans ce dernier cas, il faut remarquer tout de même que d’une part c’était une option, et d’autre part, la gestion du combat se faisait par rapport aux compétences du personnage joué. Ici, c’est presque de la gestion version « first person shooter ». Le joueur a beau incarner un surhomme, une de ces créatures au potentiel physique à faire pâlir de jalousie un Batman en puissance, la résolution des combats dépendra surtout de sa capacité à savoir viser avec son très virtuel calibre.

Reste la cerise sur le gâteau au niveau du gameplay. Comme d’habitude, BioWare propose de nous mettre à la tête d’un groupe d’aventuriers, participants tous à un rôle dans l’intrigue du jeu. Aussi, histoire de donner le change dans cette gestion du temps réel, le joueur peut donner des ordres simples à chacun des personnages qui l’accompagnent, un peu à la manière de ce qu’on a pu voir dans un Ghost Recon Advanced Warfighter 2, quoi qu’en plus simple, les ordres de positionnement ne concernant qu’une zone dans laquelle doivent tenir les autres membres de la fine équipe.

Actors Studio
Tout cela pourrait paraître d’un classique absolu. À vrai dire, se taper un jeu de rôle en jeu vidéo (et donc plus « limité » qu’un jeu de rôle papier) avec des nouveaux systèmes de jeux qui, finalement, ne sont pas si nouveaux que ça, c’est un peu se perdre dans un communiqué de presse . Mais, pour le coup, on a oublié de parler du design et surtout des animations des personnages et de la qualité de leur modélisation tant graphique que sonore.

Bon, autant le dire tout de suite, ceux qui ont osé raconté qu’à travers Stranglehold, les capacités de la Xbox 360 étaient atteintes, se sont foutu le doigt dans l’œil jusqu’à l’omoplate. Mass Effect s’annonce être l’un des jeux les plus jolis jamais réalisés (non, pas LE plus beau, faut pas déconner non plus) et ce, quelle que soit la plate-forme. Alors, évidemment, le propos n’est pas ici que technologique. Les derniers filtres et autres effets vidéo ayant une importance somme toute concrète dans l’appréciation des graphismes d’un jeu, la beauté et la cohérence de Mass Effect sont surtout données par une direction artistique absolument remarquable et aboutie dans son propos.

Les design généraux, qu’ils soient du décor, des costumes, ou des objets usuels, servent à merveille une vision d’une certaine anticipation dans la science-fiction. Les vaisseaux « tiennent la route » si je peux me permettre l’expression, et je ne parle même pas de la méticulosité des détails qui fourmillent partout dans l’univers narratif du jeu et qui construisent une unité de lieu, de temps et d’espace remarquable. Côté character design, on est aussi bien servis ! Les personnages humains « respirent » littéralement sous nos yeux, et les extra-terrestres ne sont pas en reste : tout est pensé, réfléchi, articulé… Bref, si les extra-terrestres existent, il ressemblent obligatoire à ce qui est à l’écran tellement le background a l’air bien ficelé.

Reste le jeu des acteurs et le doublage. Côté Motion Capture, BioWare a fait fort… Que dis-je ? BioWare a fait TRES fort. C’est du crédible à 200%, et les images qui illustrent l’article sont bien des images « In Game ». Il est certain que la frontière qui séparait l’« In Game » des cinématiques devient de plus en plus fine… Avec Mass Effect, elle tend à disparaître ! Au niveau des voix et du jeu des « acteurs » on va vraiment loin. Les dialogues sont bluffants, écrits avec sérieux, et les acteurs qui doublent les voix y mettent vraiment du leur, et un maximum de conviction. Bref : on gobe ! Reste à savoir si les voix anglaises seront conserves, quitte à nous retrouver devant un doublage sous-titré. Ou alors, les acteurs français qui feront les voix (si c’est le cas) ont intérêt d’être TRES bons.

Propos adulte

Enfin, on se dit que le retour de Bioware sur la planète jeux vidéo ne peut avoir que du bon. Le scénario de Mass Effect s’annonce comme étant d’une belle complexité, alignant quêtes secondaires sur quêtes secondaires, et offrant une quête principale bien tripante, pour peu qu’on soit bien en symbiose avec le personnage joué.

Pour le peu qu’on a pu en voir, et surtout, pour le peu de choses qu’on a le droit de communiquer à propos de l’intrigue du jeu, il faut juste savoir qu’on est vraiment loin d’un propos cul-cul-la-praline trop de fois rencontré sur les jeux de rôle console. Ici, le public n’est pas pris pour un bambin en culotte courte. Il va avoir des choix douloureux à faire, et pire que tout, il va falloir les assumer…

C’est du grand jeu bien massif qui nous arrive dessus… Vivement novembre.