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L'édito du dimanche
Chaos
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Dire que ça a été une semaine de merde tient du doux euphémisme, et pour le coup, je ne me sens pas l’envie de déconner… Dure est la vie de journaleux, parce que lorsqu’il vous arrive une kyrielle de merdes, il ne faut pas que ça se voit dans le papier… Pour le coup, je vais quand même m’épancher sur votre très virtuelle épaule, parce que parfois, ça aide à relativiser certaines choses.
Semaine de merde, donc. Certes, une semaine de merde classique aurait commencé exactement de la même manière : soucis techniques qui poussent à retirer dans l’urgence une niouze qui merdoie, rendez-vous qui capote, parce que problème de suivi dans la distribution de mails (et oui, les mails d’invitation sont en priorité envoyés à Gizmo, qui, je le rappelle, est en vacances jusqu’à demain), arrivée tardive d’un GROS jeu à tester, Blue Dragon, pour ne pas le nommer. À cela s’ajoutent des conditions de travail rendues difficiles par la coïncidence des vacances de Gizmo avec une rentrée vidéo ludique très soutenue : l’après Leipzig est « velu » serait-on tenté de dire…
Mais non, ça, c’est la routine…
Semaine de merde, donc. Mardi, j’apprends l’hospitalisation de l’un de mes parents, ce dernier étant en train littéralement de se noyer à petit feu parce qu’il retient, pour une raison inexpliquée, trop de flotte dans ses poumons. Mercredi, autre membre de la famille qui vient de nous annoncer sa Leucémie, oui, avec un grand « L », accompagnée d’une « complication sévère au sein ». Le pronostic vital est engagé à court terme. Jeudi, on me demande d’être présent à l’enterrement d’un gamin de dix ans, parce que ses parents ont besoin de tout le soutien possible des gens qu’ils connaissent dans cette épreuve absolument abominable, que jamais je ne souhaiterai à qui que ce soit, même au pire de mes ennemis.
Aussi, on peut dire ce qu’on veut sur les états d’âme des journaleux qui ne doivent rien montrer dans leur papier, et conserver la ligne éditoriale de leur magazine, façon « show must go on », mais pour la circonstance, garder ce goudron au fond de soi est parfois trop difficile, surtout quand on prend conscience de la nature de l’univers que nous traitons dans nos colonnes. Lorsque, après ça, on regarde les déchaînements de colère dans bien des posts commentant Sony, Microsoft, Nintendo et les autres, on se dit que finalement, on est peu de chose, et qu’on devrait plutôt garder notre énergie à construire, plutôt que de la perdre dans des commentaires du genre « c’est moi qui ai la plus grosse » d’une très grande stérilité. Et puis, là, on se dit que le jeu vidéo est un loisir, tout industriel et tout générant des masses considérables d’argent soit-il.
Que reste-t-il alors ? La colère et l’impuissance d’un père devant l’absence devenue éternelle de son fils, et la maladie qui tue à petit feu deux fois en trois jours ? Il reste nous, les vivants, condamnés à voir les autres partir, qu’ils soient lointains ou proches, et condamnés a devoir vivre pour, finalement, tenter de construire un peu de meilleur pour ceux qui resteront derrière nous. Lorsque ces nouvelles dramatiques sont tombées, je me suis dit « nous ne sommes rien ». Finalement, si, nous sommes ce que nous construisons, mais nous sommes juste de passage.
Et vous ça va ?
Non
Pas de MSN
Pas d’images
Pas envie
Semaine de merde, donc. Certes, une semaine de merde classique aurait commencé exactement de la même manière : soucis techniques qui poussent à retirer dans l’urgence une niouze qui merdoie, rendez-vous qui capote, parce que problème de suivi dans la distribution de mails (et oui, les mails d’invitation sont en priorité envoyés à Gizmo, qui, je le rappelle, est en vacances jusqu’à demain), arrivée tardive d’un GROS jeu à tester, Blue Dragon, pour ne pas le nommer. À cela s’ajoutent des conditions de travail rendues difficiles par la coïncidence des vacances de Gizmo avec une rentrée vidéo ludique très soutenue : l’après Leipzig est « velu » serait-on tenté de dire…
Mais non, ça, c’est la routine…
Semaine de merde, donc. Mardi, j’apprends l’hospitalisation de l’un de mes parents, ce dernier étant en train littéralement de se noyer à petit feu parce qu’il retient, pour une raison inexpliquée, trop de flotte dans ses poumons. Mercredi, autre membre de la famille qui vient de nous annoncer sa Leucémie, oui, avec un grand « L », accompagnée d’une « complication sévère au sein ». Le pronostic vital est engagé à court terme. Jeudi, on me demande d’être présent à l’enterrement d’un gamin de dix ans, parce que ses parents ont besoin de tout le soutien possible des gens qu’ils connaissent dans cette épreuve absolument abominable, que jamais je ne souhaiterai à qui que ce soit, même au pire de mes ennemis.
Aussi, on peut dire ce qu’on veut sur les états d’âme des journaleux qui ne doivent rien montrer dans leur papier, et conserver la ligne éditoriale de leur magazine, façon « show must go on », mais pour la circonstance, garder ce goudron au fond de soi est parfois trop difficile, surtout quand on prend conscience de la nature de l’univers que nous traitons dans nos colonnes. Lorsque, après ça, on regarde les déchaînements de colère dans bien des posts commentant Sony, Microsoft, Nintendo et les autres, on se dit que finalement, on est peu de chose, et qu’on devrait plutôt garder notre énergie à construire, plutôt que de la perdre dans des commentaires du genre « c’est moi qui ai la plus grosse » d’une très grande stérilité. Et puis, là, on se dit que le jeu vidéo est un loisir, tout industriel et tout générant des masses considérables d’argent soit-il.
Que reste-t-il alors ? La colère et l’impuissance d’un père devant l’absence devenue éternelle de son fils, et la maladie qui tue à petit feu deux fois en trois jours ? Il reste nous, les vivants, condamnés à voir les autres partir, qu’ils soient lointains ou proches, et condamnés a devoir vivre pour, finalement, tenter de construire un peu de meilleur pour ceux qui resteront derrière nous. Lorsque ces nouvelles dramatiques sont tombées, je me suis dit « nous ne sommes rien ». Finalement, si, nous sommes ce que nous construisons, mais nous sommes juste de passage.
Et vous ça va ?
Non
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